amaizo.info https://yeamaizo.afrocentricity.net Le savoir au service de l'interdépendance Tue, 03 Dec 2019 08:40:58 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.3 https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/06/cropped-puzzle-afrique-inverse-jaune-32x32.png amaizo.info https://yeamaizo.afrocentricity.net 32 32 Le savoir au service de l'interdépendance amaizo.info Le savoir au service de l'interdépendance amaizo.info http://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2009/04/logo-amaizo-info-m.png https://yeamaizo.afrocentricity.net 162784675 CROISSANCE ÉCONOMIQUE ET PROTECTIONNISME AU NIGÉRIA : Le citoyen d’abord ? https://yeamaizo.afrocentricity.net/2019/10/26/croissance-economique-et-protectionnisme-au-nigeria-le-citoyen-dabord/13311 Fri, 25 Oct 2019 23:50:02 +0000 http://yeamaizo.afrocentricity.net/?p=13311 https://yeamaizo.afrocentricity.net/2019/10/26/croissance-economique-et-protectionnisme-au-nigeria-le-citoyen-dabord/13311#respond https://yeamaizo.afrocentricity.net/2019/10/26/croissance-economique-et-protectionnisme-au-nigeria-le-citoyen-dabord/13311/feed 0 <div style="float:left;margin-right:10px;"><img width="300" height="169" src="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/10/nigeria-protectionnisme-afrocentricity-think-tank-26-10-19.jpg" class="attachment-300x300 size-300x300 wp-post-image" alt="" srcset="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/10/nigeria-protectionnisme-afrocentricity-think-tank-26-10-19.jpg 1920w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/10/nigeria-protectionnisme-afrocentricity-think-tank-26-10-19-300x169.jpg 300w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/10/nigeria-protectionnisme-afrocentricity-think-tank-26-10-19-768x432.jpg 768w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/10/nigeria-protectionnisme-afrocentricity-think-tank-26-10-19-740x416.jpg 740w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/10/nigeria-protectionnisme-afrocentricity-think-tank-26-10-19-750x420.jpg 750w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/10/nigeria-protectionnisme-afrocentricity-think-tank-26-10-19-170x96.jpg 170w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></div> <p>Le protectionnisme économique du Nigéria, démarré le 20 août 2019, a surpris plusieurs observateurs et partisans de l’intégration régionale. Pourtant, chacun sait que dans la pratique, les tracasseries aux frontières au sein de la Communauté économique et de développement de Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sont légions. Mais la contrebande institutionnalisée a fini aussi […]</p> <p>Publié par <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net/author/yeamaizo">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net">amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance</a></p>

Le protectionnisme économique du Nigéria, démarré le 20 août 2019, a surpris plusieurs observateurs et partisans de l’intégration régionale. Pourtant, chacun sait que dans la pratique, les tracasseries aux frontières au sein de la Communauté économique et de développement de Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sont légions. Mais la contrebande institutionnalisée a fini aussi par enrichir de corrupteurs et des corrompus d’Afrique et hors d’Afrique. Face à un Président nigérian déterminé à réduire la corruption dans son pays, il devient possible de voir une certaine cohérence dans le contrôle et les limitations de la contrebande et des fraudes divers. Cette économie informelle et souterraine a pris tellement d’ampleur qu’elle menace l’économie réelle.

Aussi, le temps est venu pour négocier l’intégration régionale non plus avec des grands slogans, mais à partir de chaque produit ou service offert par le citoyen de la zone CEDEAO. La conséquence sur le terrain du fonctionnement actuel des échanges entre le Nigeria et ses pays frontaliers, c’est la pauvreté, les inégalités et l’insécurité qui n’arrivent pas véritablement à se résorber.

1. AUGMENTATION DE LA PAUVRETÉ ET DES INÉGALITÉS AU NIGERIA

Il y aurait plus de 170 millions de pauvres au Nigéria, ce répartis de inégalement sur les 36 Etats de cet Etat fédéral.  Le niveau de pauvreté au moment des indépendances était faible. Depuis, 59 ans après, le Nigeria fait partie des pays où le niveau de pauvreté est le plus élevé dans le monde, et les inégalités et la corruption y sont pour quelque chose. La région du sud-ouest avec 19,3 % de pauvres contraste avec la région du nord-ouest avec ses 81,1 % de pauvres 1. L’Etat de Lagos avec 8,5 % de pauvres semble avoir trouvé le mode de gouvernance qui crée suffisamment de richesses. En comparaison, l’Etat de Sokoto avec 85,3 % de pauvres ou celui de Zamfara avec 91,9 % de pauvres témoignent du paradoxe et des tensions sous-jacentes pour l’unité du pays.

En réalité, près de 87 millions de Nigérians ont été enregistré comme vivant en dessous du seuil de pauvreté de 1,90 $EU par jour, soit 693,5 N (Naira) par jour.

Le problème est que le nombre de pauvres et d’extrêmes pauvres augmente. Selon le World Data Lab de Vienne en Autriche qui produit les statistiques mondiales sur la pauvreté, plus de 91,16 millions de Nigérians vivaient maintenant avec moins d’un dollar par jour en 2019 2. Selon le Brooking Institute de Washington, la trajectoire du nombre de pauvres au Nigeria avec 194 millions d’habitants est en hausse constante passant d’environ 78 millions de personnes en 2016 à près de 100 millions de pauvres en 2022. En comparaison, l’Inde avec ses 1 324 millions d’habitants devrait passer de 124 millions de pauvres en 2016 à moins de 12 millions en 2022 3. Il n’y a pas photo. Il y a un problème de gouvernance économique et social au Nigéria.

2. CROISSANCE DU BUDGET FÉDÉRAL DU NIGERIA GRÂCE À LA TVA

C’est à la lumière de cette réalité qu’il faut s’interroger sur la corrélation entre l’augmentation du budget de l’Etat fédéral et la croissance économique du pays.

Le budget 2020 du Nigeria adopté par le parlement fédéral est en hausse, passant de 8.900 milliards de nairas en 2019 à 10.330 milliards de nairas (N)m soit une hausse de 7 %. Excessivement dépendant des hydrocarbures et plus particulièrement du pétrole, le pays est sensible à la volatilité des prix des matières premières.

Personne n’arrive véritablement à savoir s’il y a eu une réduction effective des dépenses de l’Etat assortie d’une meilleure effectivité des services de l’Etat nigérian, mais il faut bien constater une hausse de 7 % des recettes publiques dans le budget 2020. L’essentiel de cette hausse va peser invariablement sur tous les citoyens nigérians puisqu’elle repose sur la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui a augmentée unilatéralement, passant de 5 % à 7,5 %. C’est un frein à la consommation des ménages. En effet, la taxe sur la valeur ajoutée est un impôt indirect général directement inclus dans les prix de vente de biens ou de prestations de services et payé par les consommateurs. Qu’ils soient riches ou pauvres, la taxe est la même, sauf quand il y a de dérogations. Donc, le Nigeria gagnerait à intégrer plus d’équité et de redistribution dans sa politique fiscale envers la partie la plus vulnérable de sa population. Sinon, la TVA fonctionne actuellement comme une mini-subvention à la classe moyenne et à la classe riche.

Cette inégalité entre les citoyens nigérians est perverse. La TVA touche plus durement la grande majorité de la population, notamment celle classée parmi les pauvres. Rappelons pour mémoire qu’un citoyen nigérian pauvre est définit ici comme celui qui gagne moins de 5,50 $EU par jour. Le paradoxe est que les recettes inscrites au budget du Nigeria pour 2020 augmentent aussi vite que le nombre de pauvres, près de 7 % par an. Les pauvres sont-ils en définitive les bouc-émissaires au Nigeria ? La réponse est partiellement oui !

En termes de contribution, près de 50 % des Nigérians pauvres ne peuvent et ne contribuent pas à l’impôt sur le revenu. Mais ils doivent subir la TVA. Alors, chacun comprend que le secteur informel devient la seule échappatoire. Au final, c’est donc bien les opportunités pour les populations pauvres de sortir de leur pauvreté qui ne sont pas proposées. Face à un problème mal défini, les réponses à apporter peuvent s’avérer être contreproductives et même devenir un problème en soi. C’est donc bien un problème de gouvernance économique, d’inégalités et d’injustice sociales qui expliqueraient cette situation.

3. NIGERIA : LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE EN LÉGÈRE AUGMENTATION

Le Nigeria revient de loin. En effet, la moyenne de sa croissance économique entre 2010-2015 était de 5,8 %. Celle-ci a chuté à -1,6 en 2016 pour remonter graduellement entre 2017 et 2018, puis à 2,3 % en 2019 avec des estimations à 2,5 % en 2020. Il n’y a donc pas de léthargie.

Le Fond monétaire a revu à la baisse la croissance mondiale qui se situerait autour de 2,6 %. Le Nigeria est donc en dessous de la moyenne mondiale.

Il a été constaté une amélioration modérée des exportations et de la demande intérieure. Mais l’imprévisibilité du prix des matières premières dont dépend le Nigeria notamment le pétrole brut pourrait, s’il venait à chuter, remettre en cause cette remontée.

Dans le cadre d’une importante partie du budget qui est consacré à la sécurité et la paix, le défi reste important. Mais le Président Buhari du Nigéria est à féliciter pour sa stratégie de lutte contre la corruption.

Les recettes provenant du secteur pétrolier constituent 32,4 % du budget 2020, soit 2640 milliards de nairas alors que les revenus provenant du secteur non-pétroliers sont estimés à 22,2 % soit 1.810 milliards de nairas. Les autres recettes 45,4 % soit 3.700 milliards de nairas témoignent de la nécessité à améliorer la productivité des secteurs hors hydrocarbures. Aussi, si la lutte anti-corruption peut permettre d’améliorer les recettes de l’Etat, encore faut-il clarifier les affectations de ces recettes. Car privilégier uniquement la création de richesses par les ultra-riches du pays n’est pas une tenable sur le long terme.

Avec un déficit budgétaire faible 1,52 % de la richesse nationale prévue en 2020, le Nigeria devrait pouvoir grâce à quelques emprunts et une politique de privatisation tenir ses objectifs. La réalité est que le poids de l’énergie, notamment le prix élevé du pétrole raffiné devrait connaître une baisse dès que le secteur privé, notamment les nouvelles raffineries de pétrole du secteur privé notamment du milliardaire Mr. Aliko Dangote, seront en opération d’ici 2021/22, à condition que le prix de ce pétrole raffiné reste compétitif et abordable pour les populations. Cela devrait permettre à l’Etat de mettre fin à une politique structurelle de subvention de l’énergie qui reste malgré tout relativement bas par rapport aux pays francophones en Afrique.

4. UN PROTECTIONNISME QUI CACHE UNE FAIBLE COMPÉTITIVITÉ INDUSTRIELLE DU NIGÉRIA

Autrement dit, l’amélioration de la croissance économique dans ce pays rappelle que le Président Buhari commence à récolter les fruits de sa détermination à réduire et éradiquer la corruption à tous les niveaux et à réussir à récupérer une partie des fonds détournés et à les réinjecter dans l’économie. Les effets ne sont pas aussi visibles pour le Nigérian lambda. Aussi, une politique « choc » comme la fermeture ou le contrôle strict des frontières avec les pays voisins devraient améliorer la popularité du Président auprès de ces concitoyens qui subissent les contrecoups de la contrebande et des pratiques déloyales. Mais, le niveau d’industrialisation du Nigeria reste faible. Avec à peine 8 % de contribution de la valeur ajoutée manufacturière à la richesse nationale (PIB) en 2018 4. Le Nigeria n’a que très modérément progressé car en 2010, cette VAM était de 7 %. Bref, la modification structurelle de l’économie nigériane passera par l’industrialisation et moins par le protectionnisme non négocié. En filigrane, c’est la faible compétitivité du secteur industriel nigérian qui pose problème. C’est cela qu’il fallait discuter en interne au lieu de se persuader qu’en s’attaquant uniquement à la concurrence déloyale, la fraude et la contrebande bien réelles, le problème industriel se résorbera de lui-même.

Le retour brutal au protectionnisme avec la fermeture des frontières avec les pays voisins et la volonté de mieux contrôler de manière stricte la frontière avec le Bénin ont permis de mettre en lumière la concurrence déloyale que subit le Nigeria du fait des importations en provenance de la zone Euro et plus particulièrement de la zone Franc CFA, mais aussi la zone Yuan/Renminbi de la Chine. En effet, l’exemple du poulet et autres produits congelés provenant de l’Union européenne est emblématique et se déverse au Nigeria grâce à des intermédiaires indélicats des pays voisins, détruisant ainsi toutes les chances de construction de la chaine de valeurs avicoles et même le développement de l’agro-industrie. Ceci est valable aussi pour les produits en provenance d’Asie, avec entre autres les tracteurs chinois assemblés au Bénin et vendus sur le marché nigérian. Le Nigeria produit des véhicules tous terrains de type quatre roues motrices, dites les 4 x 4.  Il va de soi que les véhicules accidentés importées en masse de l’Union européenne en Euro vers le Bénin en zone Franc CFA et remis en état ou vendus en pièces détachés finissent souvent, en contrebande au Nigeria. Il ne faut pas croire que des produits ne rentrent pas aussi à partir du Nigéria en contrebande. C’est donc dans le cadre d’une renégociation produit par produit entre les pays voisins du Nigeria qu’une solution pourra être trouvée pour retrouver la trajectoire de l’intégration régionale. En attendant, la fermeture des frontières a été prolongée jusqu’à la fin de l’année, sous réserves de discussions bilatérales avec les pays frontaliers francophones avec le Nigeria.

Le protectionnisme que promeut actuellement le Président nigérian a aussi pour but de favoriser la transformation locale. La protection passagère de la production locale nigériane conduit à une amélioration de la balance commerciale et de la balance de paiement tout en stoppant la contrebande.

5. UN MANQUE À GAGNER POUR LA TRANSFORMATION LOCALE : INDUSTRIALISATION NÉGLIGÉE

L’objectif de croissance économique de 2,3 % peut donc être atteint avec une stratégie de diversification de l’économie et une concentration sur le développement du marché intérieur. Les populations nigérianes seront amenées à consommer nigérian soutenant ainsi les industriels. Cela crée non seulement de la valeur ajoutée mais aussi des emplois décents. La réduction substantielle du déficit de la balance commerciale s’en ressortira.  Toutefois, il faudra investir dans l’amélioration de la performance logistique et dans les infrastructures de communication (route, air, train et télécommunication) et améliorer encore l’environnement des affaires.

Les secteurs les plus prometteurs doivent être des secteurs de transformation notamment le secteurs industriels et manufacturiers, mais les services financiers vont connaître des avancées notamment par la digitalisation de ce secteur et l’accès aux populations exclues ou marginalisées. Bien sûr, les secteurs de l’énergie et de l’agriculture sont à la base d’une contrebande et d’une concurrence déloyale. C’est ce que le Nigeria tente de contrôler ou limiter, notamment en provenance de la zone franc. Les pays voisins qui eux-aussi ont oublié d’organiser leur secteur manufacturier commencent à payer pour les stratégies erronées en matière de transformation et développement des capacités productives. En effet, il y a une exportation des pays francophones comme le Bénin et le Togo vers le Nigéria. Mais pourquoi ces pays n’ont pas pensé à développer plus avant leur capacité à transformer ces tomates et se libérer ainsi du risque de la pénurie en saison creuse et surtout d’organiser la pénurie.

Aujourd’hui toutes les tomates pourries dans les camions du fait de la fermeture des frontières avec le Nigeria n’auraient pas connu un tel sort. Anticiper et soutenir le secteur privé actif dans la transformation des produits locaux en zone francophone a été considéré comme un « interdit », ce d’autant que la convertibilité automatique du Franc CFA en Euro et vis-versa a fait de ces pays francophones du Nigeria, des arrières pays de transit des produits excédentaires des pays utilisant l’Euro comme devise. Le Nigéria réagit !

Alors, que chacun des Etats en profite pour faire le point, car en filigrane, c’est la « mort » des accords de partenariats économiques régionaux et le renouveau de partenariats bilatéraux. A ce petit jeu, les pays ne disposant pas d’un large marché et d’un secteur privé dynamique risquent d’être les perdants. Les populations pauvres de ces pays, les premiers boucs-émissaires des conséquences d’une absence de politiques industrielle par le passé. L’industrialisation négligée se paye cash !

6. PRODUIRE LOCAL, CONSOMMER LOCAL ET SI POSSIBLE BIO

Le Nigeria ne raffine qu’une partie très faible de son pétrole et importe du pétrole raffiné. Aussi, dès la mise en opération des raffineries notamment avec le milliardaire Mr. Aliko Dangote, la baisse des importations de produits raffinées pourra se traduire par l’enrichissement du groupe panafricain Dangote mais aussi par une baisse significative de l’endettement de l’Etat du fait des importations de produits raffinés ou des produits manufacturiers. Si l’énergie devient encore moins chère, c’est tout le système productif du Nigéria qui devrait connaître une envolée, avec des créations d’emplois décents à la clé. Alors s’il fallait passer par la fermeture, espérons temporaire des frontières en zone CEDEAO, le Président Buhari n’a pas hésité. L’objectif affiché est malgré tout de produire local et consommer local.

Le Nigeria a compris qu’il faut produire local et consommer local, si possible bio, avec des équipements fabriqués ou assemblés localement par les locaux. C’est le cas dans la chaine de valeurs de l’igname, le manioc, la patate douce et la banane plantain avec la farine de manioc et autres dérivés, le gari et ses dérivées par exemple utilisés à 70 % dans l’alimentation locale. En définitive, le Nigeria pourra atteindre les 2,3 % de croissance en 2020 et même au-delà si le prix du pétrole et de certaines matières premières ne chute pas, et si la capacité productive de ce pays augmente sa création de valeurs ajoutées et d’emplois. Mais est-ce vraiment le citoyen nigérian qui va profiter de protectionnisme ? La politique du ruissellement de richesses créées peine à devenir une réalité face à l’augmentation des populations pauvres, impuissantes devant les inégalités croissantes. YEA.

26 octobre 2019.

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, Ph D, MBA.

Directeur Afrocentricity Think Tank

© Afrocentricity Think Tank.

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Voir AFRICA 24 TV

Interview du Dr Yves Ekoué AMAÏZO, Directeur, Afrocentricity Think Tank

Sujet : Les perspectives économique du Nigéria

Date : 17 octobre 2019 à 5 heure GMT.

Site : https://youtu.be/tw5snJa3fyw

Voir aussi AFRICA RADIO – Paris.

Le Grand Débat

Présenté et animé par le Journaliste : Francis Laloupo.

Invités :

Sujet : Le virage protectionniste du Nigeria

Résumé : Le 20 août dernier, le gouvernement nigérian décidait de fermer ses frontières terrestres, officiellement pour mettre fin aux importations de certains produits, et aussi, lutter contre la contrebande. Par ailleurs, les autorités nigérianes s’engageaient, à travers cette disposition, à développer le «made in Nigeria», diversifier l’économie nationale, et réduire la dépendance au pétrole. Prévue pour une durée d’un mois, cette décision a été prolongée, au moins jusqu’à la fin de cette année. Alors que cette mesure exceptionnelle prend les allures d’une politique isolationniste, les conséquences se font ressentir au Bénin voisin où plusieurs commerces sont menacés d’asphyxie. Quels sont les véritables ressorts de cette décision ? Comment expliquer ce virage protectionniste du géant nigérian, en rupture avec les règles et pratiques de la Communauté économique d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ?

Invités :

  • Yves-Stéphane Mbele, Politologue et analyste financier. Responsable Gestion assurances-crédits
  • Léopold Ghins, Analyste politique à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques)
  • Docteur Yves Ekoué Amaïzo, Economiste. Directeur général du groupe de réflexion et d’action Afrocentricity Think Tank
  • Marcel Zoumenou, Journaliste. Assistant du Directeur de la Publication de La Nouvelle Tribune 

Site : https://www.africaradio.com/podcasts/le-virage-protectionniste-du-nigeria-22052

Date : 17 octobre 2019 à 16-17 heure GMT (18h-19h heure de Paris). 41,58 mn.

Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance

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Le protectionnisme économique du Nigéria, démarré le 20 août 2019, a surpris plusieurs observateurs et partisans de l’intégration régionale. Pourtant, chacun sait que dans la pratique, les tracasseries aux frontières au sein de la Communauté économique... Le protectionnisme économique du Nigéria, démarré le 20 août 2019, a surpris plusieurs observateurs et partisans de l’intégration régionale. Pourtant, chacun sait que dans la pratique, les tracasseries aux frontières au sein de la Communauté économique et de développement de Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sont légions. Mais la contrebande institutionnalisée a fini aussi […] amaizo.info 41:59 13311
LETTRE POUR LA MOBILISATION DU PEUPLE TOGOLAIS https://yeamaizo.afrocentricity.net/2019/02/16/lettre-pour-la-mobilisation-du-peuple-togolais/12293 Sat, 16 Feb 2019 20:12:02 +0000 http://amaizo.info/?p=12293 https://yeamaizo.afrocentricity.net/2019/02/16/lettre-pour-la-mobilisation-du-peuple-togolais/12293#respond https://yeamaizo.afrocentricity.net/2019/02/16/lettre-pour-la-mobilisation-du-peuple-togolais/12293/feed 0 <div style="float:left;margin-right:10px;"><img width="300" height="149" src="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/02/togo-la-democratie-de-lalignement.jpg" class="attachment-300x300 size-300x300 wp-post-image" alt="" srcset="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/02/togo-la-democratie-de-lalignement.jpg 1141w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/02/togo-la-democratie-de-lalignement-300x149.jpg 300w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/02/togo-la-democratie-de-lalignement-768x380.jpg 768w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/02/togo-la-democratie-de-lalignement-740x366.jpg 740w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/02/togo-la-democratie-de-lalignement-170x84.jpg 170w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2019/02/togo-la-democratie-de-lalignement-640x317.jpg 640w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></div> <p>Proposée par des personnalités togolaises et amis du Togo engagés pour l’alternance au Togo 16 FÉVRIER 2019 Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra OBJET : LA CONFÉRENCE INCLUSIVE ET LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE AU TOGO : TROIS PHASES AVEC CINQ PÔLES POUR VIVRE ENSEMBLE Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, constatons qu’aucune des revendications principales du Peuple […]</p> <p>Publié par <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net/author/rcdti">Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante</a> sur <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net">amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance</a></p>

TOGO - LA DÉMOCRATIE DE L’ALIGNEMENT

Proposée par des personnalités togolaises et amis du Togo engagés pour l’alternance au Togo

16 FÉVRIER 2019

Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra

OBJET : LA CONFÉRENCE INCLUSIVE ET LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE AU TOGO : TROIS PHASES AVEC CINQ PÔLES POUR VIVRE ENSEMBLE

Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, constatons qu’aucune des revendications principales du Peuple togolais, n’a trouvé de solutions suite à la suspension du dialogue qui a conduit aux élections législatives du 20 décembre 2018 sans la participation des partis politiques de la Coalition des 14 partis politiques dite « C14 ». Nous restons persuadés que s’il ne l’a pas fait ou refusé de le faire par le passé, le nouveau Gouvernement du 25 janvier 2019, du même premier ministre, M. Komi Selom Klassou, ne pourra ou ne voudra pas dans le futur mener les réformes nécessaires en faveur du Peuple citoyen.

1. ENGAGER ET MOBILISER LE TOGOLAIS AUTREMENT EN POLITIQUE

Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, observons que les dérives de la gouvernance de Faure Gnassingbé et les errements de la CEDEAO lors de la période pré-électorale ont empêché des élections inclusives au Togo.

Mais les stratégies de la C14 de boycott des élections législatives imposées et non consensuelles, précédées par la mise en quarantaine de ses propres électeurs en leur conseillant fortement de ne pas s’inscrire sur des listes électorales frauduleuses, ont conduit à les exclure de tous les processus électoraux à venir. Autrement dit, si des partis politiques d’opposition considèrent que leurs électeurs ne doivent même pas avoir de cartes d’électeurs, alors ces partis politiques travaillent pour eux-mêmes, lorsqu’ils empêchent, de facto la possibilité de faire respecter la volonté du Peuple togolais.

La récente stratégie choisie par certains partis d’opposition s’avère être une impasse dans la mesure où le non-vote, le vote blanc, la non-participation aux élections, sont toutes les mêmes formes d’expression d’un rejet massif d’un système non démocratique, fondé sur l’abus de droit et le recours massif à la force brutale de certains militaires non-républicains au Togo.

Godwin Tété, un des doyens de la lutte togolaise pour l’alternance au Togo ne s’y est pas trompé. Notamment lorsque sur la base du taux d’abstention réel et non celui annoncé par les autorités togolaises, il rappelle ce que chaque Togolais et Togolaise doit se dire en se levant tous les matins du lit : « J’ai confiance au Peuple togolais qui a rejeté ce régime 1 ».

Pour la très grande majorité du Peuple togolais, cette volonté ne consiste pas à perpétuer la misère, l’absence des services de base, en termes d’infrastructures du bien-être, encore moins de les priver de parole, de palabres, afin d’affirmer les choix librement consentis d’organisation de leur vie dans la cité.

Aussi, tout togolais ou togolaise qui ne fait pas de politique a choisi la soumission, l’asservissement, la servitude, la dépendance et donc l’esclavage. Le système politico-social de Faure Gnassingbé l’a bien compris et a organisé autour de lui, par cercles concentriques, un aréopage d’individus, d’associations, de partis politiques satellites à défaut de les intégrer au RPT/UNIR. Quand ces derniers ne rejoignent pas le système du fait du libertinage et de l’opportunisme politique, devenus un sport national dans certains milieux au Togo. La facilité, le gain rapide et l’impunité peuvent expliquer ce phénomène de vagabondage politique. Mais cela a un prix : l’humiliation et la trahison du Peuple togolais.

2. NE PLUS SUIVRE CEUX QUI SE SONT TROMPÉS DE STRATÉGIE POUR LE PEUPLE TOGOLAIS

Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, pensons que chacun a le droit de croire que le système militaro-civil-ésotérique de Faure Gnassingbé et son parti RPT/UNIR ont calmé la colère intériorisée de la grande majorité du Peuple togolais. Mais c’est mal analyser la réalité togolaise. L’importante abstention du Peuple togolais lors des élections législatives aurait dû conduire à un rejet massif du système de Faure Gnassingbé et ses partis satellites. Mais sans les réformes constitutionnelles, institutionnelles, électorales, sociales, demandées par le Peuple togolais, il est impossible de voir l’expression effective du Peuple togolais s’exprimer, tant au niveau du parlement togolais, qu’au niveau du Gouvernement togolais. Autrement dit, avec un système judiciaire aux ordres du pouvoir en place, il ne faut pas s’étonner que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la Cour constitutionnelle soient dans l’impossibilité de dire le droit et publier des résultats électoraux conformes à la Vérité des Urnes, correspondant à la réalité politique exprimée par le Peuple togolais.

De ce fait, Faure Gnassingbé demeure celui qui s’exprime au nom du Togo sans représenter le Peuple togolais. C’est cette démocratie de la représentation maquillée, falsifiée et en fait truquée, qui sied à l’oligarchie élitiste et clanique au pouvoir. Celle-ci est assistée par des entreprises multinationales qui protègent leurs intérêts directs, sont les principaux financiers de gouvernements africains comme occidentaux et de puissants lobbyistes pour la neutralisation de la volonté du Peuple togolais. Bref, le statu quo imposé sur la base d’une démocratie représentative falsifiée et centralisée ne méritait :

  • ni les 27 dialogues politiques tous aboutissant à des échecs pour les intérêts du peuple ;
  • ni l’intervention sur demande unilatérale de la CEDEAO, pour aboutir à une feuille de route qui a ouvert un large boulevard à Faure Gnassingbé pour son maintien et sa perpétuation au pouvoir grâce à l’appui inconditionnel du système militaro-civil-ésotérique ;
  • encore moins l’organisation d’une unité de façade de la C14, pour mieux stopper les initiatives d’une société civile indépendante et d’une diaspora plurielle non alignée, donc nécessairement indépendante.

Face à ces erreurs stratégiques politiques grossières, qui ont écarté les volets social, culturel et environnemental, considérés comme insignifiants, il n’est plus question de suivre aveuglément et sans mot-dire, ceux qui ont conduit le Peuple togolais dans une voie qui pourrait s’avérer sans issue. Surtout, si ce peuple ne les empêche pas de persister dans une stratégie qui peut encore conduire à l’échec lors des élections présidentielles de 2020, 2025, 2030 et 2035.

Chaque togolais qui pense être responsable pour un autre togolais doit déconstruire ses certitudes et reconstruire autrement « Le Vivre Ensemble » à la togolaise. Cette démarche personnelle et responsable ne peut faire l’économie de l’engagement. Cela passe par une conférence inclusive en trois étapes et une recherche pacifique de la construction d’un consensus et donc d’un contrat social simple, opérationnel sur l’avenir des Togolais et des Togolaises au Togo comme dans la Diaspora.

3. VERS LE CONSENSUS DES TRAJECTOIRES PLURIELLES POUR L’ALTERNANCE AU TOGO

Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, interpellons sur le fait que chaque citoyen togolais sache qu’il ou elle est responsable d’abord de lui-même (d’elle-même) mais est tout aussi responsable de chaque autre citoyen (citoyenne) togolais partout où il ou elle se trouve. C’est cela le fondement du vivre ensemble qui fonde la vie pacifique dans la cité. En faisant souvent fi de la deuxième partie de cette assertion, le Peuple togolais a appris à ne vivre qu’en s’invectivant afin d’avoir le sentiment de mieux exister.

En langage clair, le citoyen togolais a opté comme priorité de « se faire voir » avant d’être responsable de son prochain. Cette déviation culturelle, qui au plan historique peut rappeler les déviations envers les lois de la vie ensemble offerte par Dieu lui-même, a un prix : celui d’un Togo tenu en servitude depuis plusieurs décennies par une autocratie fondée sur la gouvernance des inégalités. Aussi dès que la colère collective monte, il suffit pour ceux qui dirigent et contrôlent ce système de faire appel à leurs amis étrangers pour obtenir les armes pour mater le peuple. Les traitres et délateurs au sein de la population togolaise pour aider le pouvoir à neutraliser les meneurs et innovateurs ne manquent pas, autant que les opportunistes de tous poils qui, pour des raisons alimentaires ou de carrière personnelle, choisissent la voie de la prostitution politique.

Face à cela, comment le Peuple togolais dans toute sa diversité plurielle peut-il faire entendre sa voix ? Comment tracer le chemin qui mène vers un consensus des trajectoires plurielles mais souhaitant l’alternance du contrat social entre le Peuple et ses dirigeants ? La solution passe par une meilleure organisation du vivre ensemble avec un objectif clair où les responsables doivent rendre publiquement des comptes réguliers au Peuple togolais. Cela ne pourra pas se faire sans un programme pour l’avenir du Togo qui ne traite pas de la réduction des inégalités en créant d’abord des richesses et des emplois décents grâce à l’entreprise, ce dans le cadre d’un système de liberté où les valeurs sociales ne seront pas sacrifiées sur l’autel de l’impunité, ni par la loi du silence, encore moins par la démocratie de façade.

4. LE VIVRE ENSEMBLE : RETROUVER UN CONSENSUS POUR UN CONTRAT SOCIAL DE L’ALTERNANCE

Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, sommes persuadés que le calme précaire au Togo ne pourra pas tenir face à la colère intériorisée. Si la voie de la violence n’est pas celle que la sagesse préconise, celle du refus de la servitude volontaire risque de se traduire par une forme ou une autre d’insurrection. Cette insurrection peut venir de plusieurs pôles ou de la conjugaison de certains pôles. Une insurrection pourquoi faire ? Changer Faure Gnassingbé pour le remplacer par un sosie togolais qui perpétuerait le même système politique n’est pas la solution ! Donc, remplacer Faure Gnassingbé par des individus qui ont choisi une stratégie qui a conduit à la neutralisation de la volonté du Peuple togolais ne peut pas être la solution. Comme, a priori, personne n’a encore proposé de solution, il faudra alors nécessairement préparer le cadre original pour la tenue d’une conférence inclusive en trois parties car il faudra :

  • d’abord « PALABRER », puis « DÉCIDER », sur le format du système du Vivre ensemble et ses modalités pratiques d’organisation et de décision consensuelle à partir d’une forme togolaise originale de démocratie participative ;
  • puis proposer un « PROGRAMME POUR L’AVENIR DU TOGO » afin de mieux « S’ORGANISER » pour gérer une transition de 18 à 24 mois pour enfin préparer en toute sécurité et dans la transparence, des élections présidentielles crédibles fondées sur la vérité des urnes au Togo.

C’est donc l’organisation de cette conférence inclusive qui aura pour objectif de structurer « le vivre ensemble selon la conception des citoyens togolais » et non la conception unilatérale et injuste d’un club clanique militaro-civil-ésotérique comme c’est le cas depuis 1967 au Togo.

Aussi l’urgence stratégique est bien de trouver entre togolais un solide consensus seul susceptible d’élaborer un vrai contrat social fondé sur la création de richesses et d’emplois à partir du travail de chacun. La conférence citoyenne intertogolaise y compris ceux de la Diaspora plurielle doit porter, entre autres, sur « le Vivre ensemble » et un contrat social portant sur l’Avenir du Togo.

5. CONFÉRENCE INCLUSIVE : TROIS PHASES AVEC CINQ PÔLES POUR VIVRE ENSEMBLE

Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, proposons d’abord l’organisation d’une conférence inclusive afin d’identifier en premier lieu les acteurs engagés pour l’alternance politique, puis en second lieu de structurer l’organisation du processus en plusieurs phases, puis en troisième lieu, de faire adopter un système commun de décision ou plutôt de rejet de ce que le Peuple togolais ne veut pas afin d’aboutir finalement à la construction, dans le cadre d’une démocratie participative, à un programme commun sur l’avenir du Togo.

5. 1 UN RAPPORT DE FORCE ASYMÉTRIQUE : CINQ « PÔLES » D’ACTEURS

Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, reconnaissons qu’au Togo, il existe au moins cinq pôles d’acteurs :

  • Pôle 1. Le Pôle du Pouvoir Politique à savoir le Gouvernement, le parti RPT/UNIR et ses partis satellites et un parlement actuellement non représentatif de la volonté du Peuple togolais du fait d’une absence de procédures électorales transparentes et non paritaires ;
  • Pôle 2. Le Pôle des Forces armées togolaises et les structures satellites officielles et officieuses ;
  • Pôle 3. Le Pôle des partis politiques en opposition au pouvoir en place notamment la Coalition des 14 partis politiques et les partis politiques non membres de la C14 ;
  • Pôle 4. Le Pôle de la société civile au Togo ;
  • Pôle 5. Le Pôle de la Diaspora plurielle, la 6e région du Togo selon l’Union africaine.

Les partis politiques non membres de la C14 sont, soit peu représentatifs, soit insignifiants en termes de représentativité, soit plus ou moins alignés sur le pôle du pouvoir politique ou celui de la C14, même si une multitude de partis se réclame du « centrisme ».

Actuellement, c’est surtout le fonctionnement non-consensuel de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la non-indépendance de la Cour Constitutionnelle, la représentativité du Parlement togolais dont la composition ne reflète pas l’expression de la vérité des urnes mais la volonté autocratique du Pôle 1, celle du Pouvoir Politique et la non-indépendance de la Justice, qui fondent la perpétuation de la crise togolaise. Pour pouvoir avancer sur le chemin de la démocratie, ces trois institutions doivent être démantelées et refondées sur des bases démocratiques et paritaires. La période de transition pourrait passer par une Assemblée constituante dont les membres ne pourront pas être issus du Pôle 2 à savoir les forces armées togolaises.

La crise togolaise repose uniquement sur la capacité du Pôle du pouvoir politique à aligner le Pôle des Forces armées togolaises sur sa volonté. Ceci au moyen de la promesse de carrières fulgurantes, la distribution de rémunérations en toute non transparence, la promesse de l’impunité, le non-respect des droits humains, la répression du Peuple togolais, notamment contre une large majorité du Pôle 3, Pôle 4 et Pôle 5, et enfin l’intervention dans le processus démocratique au profit du Pôle 1, etc. Il existe des exceptions au sein des FAT, mais certaines de ces personnalités de valeur, non-partisanes et faisant preuve d’un esprit républicain, ont été soit exclues de l’armée et forcées à l’exil, soit forcées de déserter pour ne pas avoir à exécuter des ordres intimant de commettre des actes odieux et criminels contre le Peuple togolais.

En attendant de faire vivre ces cinq pôles de manière harmonieuse, il y a lieu de prendre conscience du rapport de force asymétrique. Il est illustré par l’alliance du Pôle 1 et du Pôle 2 pour obtenir le soutien des entreprises multinationales et de certains gouvernements africains et occidentaux, qui leur permet de se maintenir au pouvoir grâce à l’oppression du Peuple togolais en lui refusant le droit à la vérité des urnes.

Le Pôle 3 notamment la C14 a choisi, pendant longtemps, de faire cavalier seul, considérant la société civile au Togo comme une force négligeable, refusant par ailleurs d’élargir le combat politique contre les nombreuses atteintes aux problèmes sociaux et environnements occasionnés par la mauvaise gouvernance économique et politique du Pôle 1. Les dirigeants de la C14 n’ont jamais demandé au Peuple togolais d’approuver leur stratégie. Ils ne reviennent au Peuple togolais que lorsqu’ils sont en difficulté face au rapport de forces défavorable créé par l’association des Pôles 1 et 2. Mieux, lorsque la C14 a opté pour neutraliser l’élan du Peuple togolais pour l’insurrection populaire, en spéculant sur l’hypothétique réussite d’un 28° dialogue qui s’est révélé aussi désastreux que les 27 précédents, son attitude a conduit, consciemment ou inconsciemment, à devenir dans les faits un satellite non officiel des Pôles 1 et 2.

C’est ce qui explique le réveil tardif du Pôle 4, à savoir la société civile au Togo, qui apprend à ses dépens la difficulté à évoluer en toute indépendance. En effet, la société civile au Togo comme au demeurant dans la Diaspora togolaise est traversée par de multiples courants de citoyens togolais, dont certains sont, soit des opportunistes, soit des cellules dormantes satellitaires des Pôles 1 et 2. Parmi cette société civile, il faut citer aussi de nombreux journalistes qui travaillent directement pour le Pôle 1 et 2, ne serait-ce que pour des raisons alimentaires.

Quant au Pôle 5, il importe de préciser que la Diaspora togolaise est constituée par une majorité d’individus qui se considèrent et s’affirment comme apolitiques. Pour des raisons de sécurité de leur famille ils préfèrent ne pas se mêler de la vie de la cité. Cette Diaspora poltronne et non courageuse ne sait pas qu’elle contribue au maintien du statu quo au Togo. Mais il y a une autre Diaspora, alignée soit sur le Pôle 1 ou sur le Pôle 3, qui oublie que le Pôle 1 refuse systématiquement  de recenser la Diaspora, refuse de lui donner le droit de vote et refuse de lui accorder une possibilité d’être éligible, dès lors que cette personnalité de la Diaspora dispose d’une double nationalité.

5.2. TROIS PHASES POUR ALLER À LA CONFÉRENCE INCLUSIVE

Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, constatons paradoxalement que les Pôles 1, 2, 3 et 4 semblent avoir développé une sorte d’ostracisme envers la Diaspora en général, dès lors que cette dernière ne partage pas leur point de vue et ne s’aligne pas sur leurs injonctions. Aussi, il y a lieu de distinguer la Diaspora « non alignée » de celle des « alignés ». Par contre, les représentants de ces Pôles ne perdent pas le « nord » lorsqu’il s’agit de tout faire pour obtenir les fonds transférés par la Diaspora togolaise pour couvrir les conséquences néfastes de la mauvaise gouvernance du Pôle 1 doublée de pauvreté abjecte et d’inégalités criardes.

Aussi, chacun doit comprendre que la Diaspora n’est pas une entité fantôme. C’est pourtant l’avis du Pôle 1 qui ne s’est pas gêné pour exclure le Pôle 5 du jeu politique. Constater que les Pôles 3 et 4 ne font que très peu d’efforts pour associer la Diaspora à leurs travaux sur l’avenir du Togo relève de l’euphémisme.

Toutefois, la Diaspora togolaise existe et doit être représentée sans ostracisme. Elle constitue en soi – depuis que tous les pays membres de l’Union africaine ont reconnu qu’elle constituait la 6e région d’Afrique -, une entité autonome avec des citoyens à part entière et non des citoyens entièrement à part comme c’est le cas aujourd’hui au Togo. Aussi, pour valider son existence, elle doit être recensée et être représentée. Le Pôle 5 doit pouvoir jouer pleinement son rôle en tant que Diaspora plurielle indépendante.

Pour trouver une solution, il importe d’analyser la crise togolaise comme étant d’abord un problème de rapport de forces.

Les Pôles 1 et 2 se sont coalisés pour maintenir le Peuple togolais dans la servitude, la peur, la terreur et la déresponsabilisation des élites. Chacun a peur. Mais peur de quoi exactement ? Nul ne le sait ! De perdre son poste, de mourir ? Peut-être ! Mais chacun va mourir un jour !

Alors, le Peuple togolais a-t-il peur du rapport de force asymétrique que les Pôles 1 et 2 ont constitué pour diviser les citoyens togolais pour mieux régner ? Assurément ! Alors Togolais, Togolaise, cesse de justifier le statu quo, car c’est organiser toi-même la perpétuation de ton statut d’esclave du système militaro-civil et ésotérique de Faure Gnassingbé. C’est pour cela que la lutte se gagne d’abord sur le plan spirituel. Les responsables des communautés religieuses qui sont restés indépendants des injonctions ou des tentations provenant du Pôles 1 et 2, sont ceux qui peuvent lutter réellement pour l’avènement de la vérité des urnes et donc œuvrer pour la libération spirituelle et l’amélioration du mieux-être du citoyen togolais. Alors, pas de doutes. Il faut d’abord comprendre qu’il faut une nouvelle alliance pour un nouveau rapport de force.

5.2.1 La phase une de la Conférence inclusive suppose que les Pôles 3, 4 et 5 doivent, de manière décentralisée, faire des propositions, se rencontrer, palabrer, faire des choix sur une base démocratique à la majorité simple en respectant les impératifs budgétaires pour faire émerger leur proposition commune pour l’avenir du Togo. Les propositions doivent nécessairement permettre de générer de la valeur ajoutée et des richesses nouvelles, avec en filigrane un rôle pour l’entreprise et la transformation des matières premières au Togo, pour des consommateurs togolais qui doivent apprendre à consommer les produits togolais.

5.2.2 La phase deux de la Conférence inclusive suppose que les Pôles 3, 4 et 5 se rencontrent pour exposer leur programme, adopter sur une base consensuelle celui qui servira de moteur, afin d’intégrer les autres pôles sur une même base consensuelle et de compromis. C’est donc la proposition qui sortira de cette deuxième phase qui sera alors confrontée avec le programme du Pôle 1, étant entendu que le Pôle 2 doit rester cantonné dans ses casernes et ne pas chercher à intervenir dans le débat en tant que forces armées togolaises. Il va de soi que chaque membre du Pôle 2 est un citoyen togolais et qu’à ce titre, après avoir revêtu la tenue civile à l’issue de son service, il dispose des mêmes droits pour exprimer librement son choix en s’inscrivant soit dans le programme commun des Pôles 3, 4 et 5, soit dans le programme du Pôle 1.

5.2.3 Enfin, la phase trois consiste en une grande conférence inclusive où les deux grands programmes feront l’objet de présentation au Peuple togolais. Elle sera organisée dans le respect de la parité, 50 % hommes et 50 % femmes, mais aussi de la représentation intergénérationnelle avec la présence d’au moins 50 % des moins de 40 ans et 50 % des plus de 40 ans. Cette assemblée aura la mission difficile soit d’harmoniser les positions une fois que le programme commun et consensuel moteur aura été choisi afin de devenir le socle commun exécutable lors d’une transition d’environ 18-24 mois au Togo. Des contre-pouvoirs devront être mis en place pour rendre des comptes à la population et permettre des corrections et ajustements lors de l’exécution de ce Programme sur l’avenir du Togo. Cette phase transitoire doit pouvoir conduire à la tenue d’élections démocratiques, sécurisées et fondées sur la vérité des Urnes. Les représentants du Pôle 2 devront prêter serment devant le Peuple de garder leur neutralité et ne pas intervenir, de manière intempestive et unilatérale, dans le choix du Peuple togolais. Le Pôle 2 est constitué d’abord de citoyens et le fait de l’avoir oublié a fait de certains d’entre eux, des alliés objectifs du Pôle 1 qui bride la liberté et l’autodétermination de la grande majorité de citoyens togolais.

Néanmoins, en tant que citoyen, tout membre des forces armées togolaises est libre de participer, sans son uniforme, à toutes les phases du processus de la Conférence inclusive. Le Pôle 2 est invité à soutenir publiquement le socle commun qui sera adopté par le Peuple togolais, suite à ces négociations intertogolaises. C’est donc au cours de cette transition que les réformes électorales, institutionnelles et constitutionnelles demandées par le Peuple togolais seront mises en œuvre. La priorité au cours de la transition est de faire évoluer le Togo en passant d’une gouvernance basée sur des « individus forts » à une gouvernance basée sur des « institutions fortes ».

Compte tenu du rôle particulier du Pôle 2, hiérarchiquement soumis au Pôle 1 par les dispositions constitutionnelles, des contre-pouvoirs devront être mis en place pour que l’alliance entre ces deux Pôles ne se fasse pas aux dépens des populations togolaises. En effet, une Assemblée constituante citoyenne pourra être proposée et adoptée pour sanctionner sur la base d’une majorité qualifiée les éventuelles dérives occasionnées par les actes découlant de la défense des intérêts partisans de dirigeants de ces deux Pôles.

6. ADOPTER UNE ORGANISATION DÉCENTRALISÉE ET UN MODE DÉCISIONNEL DÉMOCRATIQUE

Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, ne pouvons oublier le rôle de béquilles du pouvoir de Faure Gnassingbé, que joue le Groupe des 5 à savoir la France, l’Allemagne, les Etats-Unis et l’Union européenne, le système des Nations Unies, et considérons la  Communauté économique et de développement des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) comme un allié partisan des Pôles 1 et 2. C’est se nourrir d’illusions sur la sincérité de leur panafricanisme que de croire au soutien de certains chefs d’Etat de la sous-région d’Afrique de l’Ouest, qui ambitionnent de faire un troisième mandat présidentiel  alors que la Constitution de leur pays l’interdit dans l’esprit et dans le droit. Ceux-là ont un trait commun, celui de détester le Peuple, sauf quand ce dernier se soumet à leur désidérata. Le processus électoral, faussement qualifié de « démocratique », n’est utilisé que pour formater une démocratie de façade, une imposture appelée la démocrature.

Ainsi, lorsque de surcroit la ventrologie et la corruption s’en mêlent, comment ne pas s’interroger sur l’information selon laquelle certains ex-agents de la CEDEAO, sans oublier de prendre leur part au passage, sont au gré des circonstances diligentés pour distribuer, vraisemblablement au nom du Pôle 1 et sous l’intimidation du Pôle 2, de l’argent cash à certains responsables de l’opposition ? Si cela est vrai, depuis quand cela dure-t-il ? Que vaut alors dans ces conditions de corruption ou de soudoiement caractérisé, la parole de ceux qui prétendent s’opposer aux Pôles 1 et 2, voire le remplacer ? Pas grand-chose ! Le citoyen doit en prendre conscience et apprendre à prendre ses responsabilités et s’engager personnellement avant d’identifier des responsables éthiques et compétents pour le représenter dans un cadre nouveau, celui de la démocratie participative.

Alors, pour construire quelque chose de nouveau en politique, il importe que les responsables de la C14 « s’auto-démissionnent » collectivement. Que ce soit pour la conduite unilatérale du mouvement insurrectionnel, que ce soit de la responsabilité de mener l’opposition unilatérale contre les Pôles 1 et 2, ou que ce soit le fait de subir une implosion sous la pression de l’humiliation indirecte du Peuple togolais, la C14 doit céder la place à l’espérance du Peuple togolais en acceptant le principe d’une reconstruction par les citoyens togolais eux-mêmes de leur propre futur, et donc d’une nouvelle direction décentralisée et partagée de la lutte pour l’alternance.

La raison préludant à cette fin prématurée est que la C14 n’a pas été efficace, ce apparemment en toute connaissance de cause. Pour certains, elle s’est trompée de stratégie. Pour d’autres, elle aurait choisi de légitimer l’unilatéralisme du Pôle 1, rendu possible par l’asservissement et le contrôle de quelques haut-gradés du Pôle 2, afin de se perpétuer comme une opposition permanente à côté d’un pouvoir de Faure Gnassingbé permanent. Le poste de chef de file de l’opposition, créé de toute pièces par le Pôle 1 ne pouvait pas ne pas servir les intérêts des dirigeants des Pôles 1 et 2. Le poste de « chef de file » de l’opposition doit être supprimé. L’opposition devra évoluer vers un collège regroupant et représentant les Pôles 3, 4 et 5.

Est-ce que la C14 est devenue un acteur favorable, complaisant et aligné sur les Pôles 1 et 2 quitte à tenter parfois d’infiltrer les Pôles 4 et 5 ? La réponse semble plus proche du oui que du non. En effet, certains « ayatollahs » de l’opposition n’arrivent plus à faire dans le discernement, ni dans la sagesse. Ils ou elles devraient se rappeler qu’une opposition politique a d’abord pour objet de faire des propositions au Peuple pour une meilleure organisation et gouvernance de la cité, et moins d’adopter des stratégies politiques conduisant à s’éterniser dans l’opposition, sans dégager la moindre perspective d’alternance politique.

Alors la nouvelle stratégie ne peut plus reposer sur une approche centralisée et pyramidale. Il faut une approche décentralisée fondée sur une démocratie participative. C’est cette approche qui servira de soutènement et de fondement à la structuration d’un programme commun portant sur l’avenir du Togo. Chaque togolais devrait pouvoir proposer, dans la limite des nouveaux budgets à définir, des actions à réaliser pour créer de la richesse et de l’emploi. Gouverner avec le Peuple et pour le Peuple, c’est être capable de lui offrir des solutions originales, créatrices de richesses additionnelles dont la gestion ne peut légitimer les inégalités, l’impunité et la concentration des pouvoirs auprès des « en-haut d’en haut » qui ont pris en otage les membres les moins influents des Pôles 1 et 2. Oui, certains militaires souffrent mais doivent continuer à obéir aux ordres de martyriser les populations. Oui, certains militaires masculins font des fouilles corporelles sur les « mamans » et « sœurs » des prisonniers politiques détenus sans raisons dans les prisons sordides du Togo.

L’Amnistie politique est devenue un impératif et une nécessité urgente, sinon la voie de l’insurrection reprendra ses droits une fois que les neutralisateurs de cette option auront opté pour l’auto-démission.

7. RECOMMANDATIONS DE RCDTI ET DU CVU-TOGO-DIASPORA : S’APPROPRIER NOTRE AVENIR

Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, rappelons à l’instar du Révérend Père Pierre Marie-Chanel Affognon, l’un des cinq porte-paroles du mouvement citoyen « Les Forces Vives Espérance pour le Togo », pour que « chaque togolais puisse vivre dans un espace où il se sent en liberté », il convient absolument de modifier pacifiquement le rapport de forces et reconnaître l’existence de la Diaspora togolaise plurielle. Les Pôles 3, 4 et 5 doivent pouvoir convaincre le Pôle 2 et même les démocrates du Pôle 1 de les rejoindre. Encore faut-il le vouloir, et s’engager en tant que citoyen pour l’alternance au Togo.

Ne pas reconnaître officiellement la Diaspora togolaise par le recensement, le droit de vote et le droit à l’éligibilité électorale y compris pour les double-nationaux, c’est refuser le droit à la citoyenneté aux citoyens togolais vivant à l’extérieur du Togo.

Aussi, le nouveau contrat social qui émergera des concertations, conférences, téléconférences entre les Pôles 3, 4 et 5 devraient permettre au Pôle 2 de prendre conscience de sa responsabilité face à l’Histoire. Car certains d’entre eux, prématurément propulsés au grade de « général », pourraient être contraints de s’expliquer et de rendre des comptes sur des accusations de « crimes contre le Peuple togolais », si la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) réformée, incluant la présence de la Diaspora non alignée, pouvait prolonger son action et terminer son travail.

Il est donc dans l’intérêt des responsables du Pôle 2 de comprendre que le statu quo de l’impunité et de la mauvaise gouvernance a perduré au Togo, essentiellement du fait d’une compréhension déformée et faussée de la mission confiée au Pôle 2. Mission dévoyée par un pouvoir politique avide de se perpétuer aeternam en soudoyant par cercles concentriques toutes les personnes ayant pris des vacances perpétuelles avec les valeurs humaines et le droit de vivre ensemble. Il est nécessaire que le Pôle 2 prenne ses responsabilités, en s’engageant à encadrer au sein sécuritaire et ce, de manière non-partisane, les différentes phases de la conférence inclusive puisqu’il sera devenu une Institution d’une République optant pour une démocratie participative et non un outil de répression des innocents togolais au profit du Pôle 1.

L’approche décentralisée dans le processus de réformes du Togo et de ses institutions devrait conduire à évoluer graduellement vers une décentralisation politique, voire une fédération du pays. L’approche centralisée de l’Etat n’a fait qu’augmenter les inégalités et les concentrations des richesses et des pouvoirs au sein des Pôles 1 et 2. Il est difficile ainsi pour l’Etat d’être au service du Peuple togolais. C’est donc bien un changement culturel qui est demandé à chaque citoyen togolais s’il ou elle souhaite une mobilisation et/ou remobilisation du Peuple togolais pour une alternance politique fondée sur une vision économique, sociale et environnementale qui replace l’être humain et son devoir de création de richesses et de solidarité au sein de son engagement citoyen, et donc politique.

La confiance entre le Peuple et ses dirigeants est à ce prix. Il y a eu trop de morts, de blessés, d’handicapés, de violés, d’humiliés, de détenus sans raisons ou sous des raisons fallacieuses pour la démocratie au Togo. L’esclavage politique doit prendre fin. Chaque citoyen doit le vouloir et s’engager là où c’est possible, ce dans n’importe lequel des cinq pôles pour une alternative et donc une alternance. Il y a encore trop de sympathisants et amis de la Démocratie et de la vérité des urnes enfermés dans les prisons sordides du Togo. Il est temps de mettre fin à une période d’usurpation du pouvoir qui a commencé le 13 janvier 1963. Le Marathon démocratique doit pouvoir prendre fin avec l’avènement de la conférence inclusive et de la transition politique qui conduira aux élections de la vérité des urnes.

Le Peuple togolais aura retrouvé alors son droit à l’autodétermination et au choix non pas seulement d’individus, mais surtout au droit de construire un Programme commun pour l’avenir du Togo consensuel, solidement arrimé à un socle de valeurs humaines universelles, fondatrices d’une approche commune pour un partenariat gagnant-gagnant.

Le Togo est le bien commun de tous. Chaque togolais est responsable de son prochain, comme tous, nous sommes responsables de chaque togolais, partout où il ou elle se trouve.

Aussi, le Peuple togolais doit se préparer aux élections de 2020, en s’organisant pour faire émerger préalablement au scrutin, un programme commun consensuel sur l’avenir du Togo et une « candidature commune » et non pas une « candidature unique » pour le porter avec l’adhésion et le soutien du plus grand nombre.

Toutes initiatives citoyennes allant dans le sens de la mobilisation du Peuple togolais pour une alternance démocratique, partout où il se trouve et sur une base décentralisée, recevra le soutien des personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante.

Il suffit de nous contacter, d’être engagé et de vouloir participer à l’élaboration d’un programme commun sur l’avenir du Togo. Le Togo ne peut être l’or de l’humanité, si les humains qui le composent ne sont pas des modèles éthiques en termes d’or de l’humanité.

Le 16 février 2019.

SIGNATURE :

Les personnalités togolaises et amis du Togo engagés pour l’alternance au Togo.
(Les noms sont classés par ordre alphabétique)

  1. ALI, Camus
  2. AMAÏZO, Yves Ekoué (Dr)
  3. AMEDODJI, Philippe
  4. BALIKPO, Jean Pierre Akoété
  5. D’ALMEIDA, Ernesto (Dr)
  6. D’ALMEIDA, Mathieu
  7. FABREGAT, François
  8. FORSON, Kue
  9. KLOUSSÉ, Kouassi
  10. KODJO, Apelete Félix
  11. MENSAH, Christian
  12. RANDOLPH, Antoine (Dr)
  13. SOSSOU, Innocent Anani
  14. TAKO, Alphonse
  15. TRAORE, Inoussa Moussa Avé

Note : Toutes les personnalités qui souhaitent être signataires de ce texte peuvent le faire en écrivant par courrier électronique à l’adresse ci-dessous. Leur nom sera rajouté à la liste de personnalités et ils ou elles auront l’occasion de participer à l’une ou l’autre des téléconférences fondant notre démocratie participative.

Contact et Coordination :  info@cvu-togo-diaspora.org et rcdti@cvu-togo-diaspora.orgrcdti-cvu-togo-diaspora-logo

Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI)

Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA) –                                        © RCDTI & CVU-TOGO-DIASPORA

Publié par Réseau de coordination de la Diaspora Togolaise indépendante sur amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance

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Proposée par des personnalités togolaises et amis du Togo engagés pour l’alternance au Togo 16 FÉVRIER 2019 Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra OBJET : LA CONFÉRENCE INCLUSIVE ET LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE AU TOGO : TROIS PHASES AVEC ... Proposée par des personnalités togolaises et amis du Togo engagés pour l’alternance au Togo 16 FÉVRIER 2019 Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra OBJET : LA CONFÉRENCE INCLUSIVE ET LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE AU TOGO : TROIS PHASES AVEC CINQ PÔLES POUR VIVRE ENSEMBLE Nous, personnalités de la Diaspora togolaise plurielle et indépendante, constatons qu’aucune des revendications principales du Peuple […] amaizo.info 39:19 12293
INVESTIR AVEC « COMPACT AVEC L’AFRIQUE » AU TOGO : Un risque d’endettement à couvrir avec les taxes du contribuable allemand https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/11/05/investir-avec-compact-avec-lafrique-au-togo-un-risque-dendettement-couvrir-avec-les-taxes-du-contribuable-allemand/12222 Sun, 04 Nov 2018 23:12:35 +0000 http://amaizo.info/?p=12222 https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/11/05/investir-avec-compact-avec-lafrique-au-togo-un-risque-dendettement-couvrir-avec-les-taxes-du-contribuable-allemand/12222#respond https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/11/05/investir-avec-compact-avec-lafrique-au-togo-un-risque-dendettement-couvrir-avec-les-taxes-du-contribuable-allemand/12222/feed 0 <div style="float:left;margin-right:10px;"><img width="300" height="300" src="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-300x300.jpg" class="attachment-300x300 size-300x300 wp-post-image" alt="" srcset="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-300x300.jpg 300w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-150x150.jpg 150w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-100x100.jpg 100w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-170x170.jpg 170w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-120x120.jpg 120w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-90x90.jpg 90w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-32x32.jpg 32w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-64x64.jpg 64w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-96x96.jpg 96w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-128x128.jpg 128w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-48x48.jpg 48w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre.jpg 388w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></div> <p>Selon le rapport de 2018 de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement portant sur les investissements, le retour sur investissement en Afrique est en constante diminution contrairement aux éloges faites par de nombreux dirigeants africains. RETOUR SUR INVESTISSEMENT EN AFRIQUE EN CHUTE LIBRE Entre 2012 et 2017, le retour sur […]</p> <p>Publié par <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net/author/yeamaizo">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net">amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance</a></p>
Source : tsimokagasikara.wordpress.com
Source : tsimokagasikara.wordpress.com

Selon le rapport de 2018 de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement portant sur les investissements 1, le retour sur investissement en Afrique est en constante diminution contrairement aux éloges faites par de nombreux dirigeants africains.

  1. RETOUR SUR INVESTISSEMENT EN AFRIQUE EN CHUTE LIBRE

Entre 2012 et 2017, le retour sur les investissements effectués en Afrique est passé de 12,3 % à 6,3 %. Les cinq (5) pays qui figurent en haut du palmarès sont :

  • L’Egypte avec 7,4 milliards de $EU mais en chute libre avec un baisse de -8,8% par rapport à 1996 ;
  • L’Ethiopie avec 3,6 milliards de $EU mais en chute libre avec une baisse de -10,1 % par rapport à 1996 ;
  • Le Nigéria avec 3,5 milliards de $EU mais en chute libre avec une baisse de -21,3 % par rapport à 1996 ;
  • Le Ghana avec 3,3 milliards de $EU mais en chute libre avec une baisse de -6,6 % par rapport à 1996 ;
  • Le Maroc avec 2,7 milliards de $EU mais en chute libre avec une progression significative de 22,9 % par rapport à 1996 ;
  1. LE TOGO N’ATTIRE QUE « CERTAINS INVESTISSEURS »

Les flux d’investissements sortant du Togo ont connu une progression avec 0,3 % milliard de $EU et une progression de 22,9 % en 2017. Donc paradoxalement, le Togo n’attire pas les investisseurs pour soutenir le développement du pays mais pour permettre un retour sur investissement conséquent, principalement aux dépens des volets sociaux et environnementaux. Si l’environnement des affaires s’est amélioré en 2018 au Togo 2, c’est surtout qu’il y est plus facile de ne plus subir de contrôles intempestifs pour rapatrier son capital. Du coup, l’amélioration de l’environnement des affaires au Togo sert principalement à attirer des opérations de tous genres difficiles dans les pays voisins au point que de nombreuses matières premières font l’objet d’échanges et de paiement au Togo.

  1. NIVEAU ELEVE DE LA PERCEPTION DE LA CORRUPTION AU TOGO

Le niveau moyen de la perception de la corruption mondiale est estimé à 43,07 sur 100. Le niveau de perception de la corruption au Togo en 2017 reste élevé. En effet, classé 117 sur 180 pays avec un score de 32 sur 100 (100 étant pour un état sans corruption), le Togo ne peut se comparer à ses voisins comme le Ghana classé 81 avec un score de 40/100 et le Bénin classé 85 avec un score de 39/100. Même le Burkina Faso, le pays des « hommes intègres » est mieux classé et figure à la 74e place sur 180 avec un score de 42/100.

  1. L’ARGENT DES CONTRIBUABLES ALLEMANDS TRANSFÉRÉ AU PATRONAT ALLEMAND ?

Quand le principal patronat allemand Afrika Verein der deutschen Wirtschaft s’investit activement pour convaincre l’Etat fédéral allemand d’aller investir au Togo, il faut comprendre qu’il s’agit d’une stratégie pour justifier un transfert supplémentaire de l’argent des contribuables allemands pour soutenir un patronat qui investit dans des pays dits « stables » mais autocratiques et donc avec un maximum de risques de voir leur investissement rencontrer des problèmes sur le long terme.

L’initiative allemande « Compact with Africa 3 » pourrait faire croire à une amélioration des approches pour soutenir le développement dans les pays africains et créer des emplois grâce à l’investissement. Certainement pour ceux qui disposent de plus de pouvoirs contraignants sur les dirigeants africains. Cette nouvelle approche allemande consiste à identifier les pays africains et leurs dirigeants qui sont prêts à entrer en business avec une entreprise transnationale allemande, ce sans nécessairement passer par un appel d’offres compte tenu de la compétition mondiale et les pré-carrés divers notamment la France en pays francophones ou la Chine avec des offres de projets avec financement et double-contrat. Le problème est que l’investissement s’accompagne surtout de transferts de propriétés, soit au profit de investisseurs étrangers, soit de plus en plus au profit d’un groupe d’individus liés à l’Etat africains et profitant des contrats de concessions et des nombreuses sous-traitances qui en découlent.

Bref, les grands espoirs mis dans ce « Compact avec les dirigeants africains » et au profit des investisseurs allemands pourraient rapidement se révéler n’être qu’un grand mirage de plus si les projets proposés ne font pas l’objet d’un contrôle et suivi par les populations africaines systématiquement exclues du processus.

  1. UNE ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE EN AFRIQUE

C’est à ce titre qu’il convient de comprendre la volonté de certains chefs d’Etat africains de créer un vaste marché africain sans pour autant dans la pratique accepter de se laisser envahir par des exportations qui bloquent leur capacité à s’industrialiser.

Le 21 mars 2018 à Kigali, 44 des 55 économies membres de l’Union africaine ont signé l’Accord portant création de la zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA). Le Nigéria et l’Afrique du Sud n’ont pas signé. Si cet accord est ratifié et mis en œuvre, il restera dans l’histoire comme le plus important accord commercial depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce en 1995. Son objectif est de créer un marché unique pour les biens, les services et la circulation des personnes.

L’objectif est de réduire de 90% les droits de douane de leur moyenne actuelle de 6,1% à zéro et d’aborder la multiplicité des obstacles non tarifaires, tels que des infrastructures médiocres et des postes frontières inefficaces, qui constituent souvent l’obstacle dominant et le coût du commerce sur le continent. Les protocoles sur les droits de propriété intellectuelle, les investissements et la concurrence ne font pas partie actuellement de ce l’accord. Il est attendu que les investisseurs à la recherche de marchés émergents puissent investir en Afrique.

  1. RISQUE D’ENDETTEMENT ACCRU DU BUDGET TOGOLAIS AVEC L’ALLEMAGNE

La vérité du terrain est que le pourcentage d’emplois précaires au Togo par rapport à la population active fut estimé à 85,9 % en 2016 et ne s’est pas amélioré depuis 4

. Plus de 92,7 % sont occupés par des femmes.

Aussi, s’inscrire dans la logique du désengagement du secteur public allemand pour faire porter le développement en Afrique par le secteur privé allemand est un pari risqué dans les pays autocratiques où les institutions ne fonctionnent pas au service des populations. Ainsi, investir avec le programme allemand de « Compact avec l’Afrique » au Togo fait courir un risque d’endettement accru sur le budget togolais déjà autour de 85 % d’endettement, Mais la nouveauté est que ce déficit risque d’être couvert par des taxes prélevés sur le contribuable allemand. La sanction politique ne tardera pas avec la montée des partis extrémistes en Allemagne, sans pour autant stopper le flux des migrants voulus par le patronat allemand. YEA.

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Alors écoutez l’interview avec le Journaliste Eric Topona de Deutsch-Welle sur l’analyse de « Compact avec l’Afrique de l’Allemagne » et ses possibles conséquences sur le Togo.

AUDIO ET INTERVIEW SUR DEUTSCHE WELLE LE 31 OCTOBRE 2018.

Journaliste Mr Eric Topona

Invité : Dr Yves Ekoué AMAÏZO, Economiste et Directeur Afrocentricity Think Tank.

Source : Topona, E. (2018). « Yves Ekoué Amaïzo, économiste : “Le Togo sera surendetté” (Audio)». In Deutsche-Welle. 31 octobre 2018. Accédé le 3 novembre 2018. Voir https://www.dw.com/fr/yves-ekoué-amaïzo-économiste-le-togo-sera-surendetté/av-46108284

5 novembre 2018

Dr Yves Ekoué AMAÏZO.

© AFROCENTRICITY THINK TANK ET CVU-TOGO-DIASPORA.

info@afrocentricity. info

Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance

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Selon le rapport de 2018 de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement portant sur les investissements, le retour sur investissement en Afrique est en constante diminution contrairement aux éloges faites par de nombreux dirige... Selon le rapport de 2018 de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement portant sur les investissements, le retour sur investissement en Afrique est en constante diminution contrairement aux éloges faites par de nombreux dirigeants africains. RETOUR SUR INVESTISSEMENT EN AFRIQUE EN CHUTE LIBRE Entre 2012 et 2017, le retour sur […] amaizo.info 22:15 12222
TOGO : LA FEUILLE DE ROUTE DE LA CEDEAO NE RÉPOND PAS AUX ASPIRATIONS DU PEUPLE TOGOLAIS https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/08/03/togo-la-feuille-de-route-de-la-cedeao-ne-repond-pas-aux-aspirations-du-peuple-togolais/12122 Fri, 03 Aug 2018 10:29:10 +0000 http://amaizo.info/?p=12122 https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/08/03/togo-la-feuille-de-route-de-la-cedeao-ne-repond-pas-aux-aspirations-du-peuple-togolais/12122#respond https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/08/03/togo-la-feuille-de-route-de-la-cedeao-ne-repond-pas-aux-aspirations-du-peuple-togolais/12122/feed 0 <div style="float:left;margin-right:10px;"><img width="200" height="194" src="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/08/radio-victoire-fm-a-lome.jpg" class="attachment-300x300 size-300x300 wp-post-image" alt="" srcset="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/08/radio-victoire-fm-a-lome.jpg 200w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/08/radio-victoire-fm-a-lome-170x165.jpg 170w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/08/radio-victoire-fm-a-lome-32x32.jpg 32w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/08/radio-victoire-fm-a-lome-48x48.jpg 48w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></div> <p>2 août 2018 Interview pour Radio Victoire FM, Togo Invité : Dr Yves Ekoué AMAÏZO ————————————————  RADIO VICTOIRE FM TOGO 1, Rue des Hirondelles, Tokoin Habitat, BP 80195 Lomé – Togo Tel : (+228) 22 21 80 99 Whatsapp : (+228) 91 35 74 86 Email : radiovictoire@ymail.com Thème de l’émission : LA FEUILLE DE ROUTE DE […]</p> <p>Publié par <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net/author/yeamaizo">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net">amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance</a></p>

Radio Victoire Fm à Lomé2 août 2018

Interview pour Radio Victoire FM, Togo

Invité : Dr Yves Ekoué AMAÏZO

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RADIO VICTOIRE FM TOGO

1, Rue des Hirondelles, Tokoin Habitat,

BP 80195 Lomé – Togo

Tel : (+228) 22 21 80 99

Whatsapp : (+228) 91 35 74 86

Email : radiovictoire@ymail.com

Thème de l’émission : LA FEUILLE DE ROUTE DE LA CEDEAO

Journaliste : Joachim AGBETIM

http://www.radiovictoire.fm/

Interview du jeudi 2 août 2018 – 7h-8h20. Mise en ligne le 04 août 2018.

Emission spéciale et entretien avec l’invité :

Dr. Yves Ekoué Amaïzo, Coordonnateur du Collectif pour la Vérité des Urnes (CVU-TOGO-DIASPORA)

ECOUTER : 

Sujet : Togo : Votre position sur la Feuille de Route de la CEDEAO proposé lors du 53e session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

Ecouter aussi le postcast :

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QUESTIONS DE RADIO VICTOIRE et Réponses du Dr Yves Ekoué AMAÏZO. CVU-TOGO-DIASPORA.

Joachim Agbetim de Radio Victoire Fm à Lomé :

1- Depuis le 19 août 2017 et bientôt un an, les Togolais étaient dans la rue pour des réclamations précises. Mais après quatre (4) rounds de dialogue, les chefs d’État et de gouvernements de le CEDEAO viennent de dévoiler la feuille de route de cette institution. Comment analysez-vous de manière globale cette feuille de route ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO.

Entre le 19 août 2017 et le 19 août 2018, est-ce que les revendications du peuple togolais dans sa grande majorité sont satisfaits ? La réponse est non. La Feuille de route n’est qu’une recommandation de la CEDEAO sous la Direction de Faure Gnassingbé. Il faut donc faire une nouvelle proposition avec le nouveau Président en exercice de la CEDEAO, Muhammadu Buhari qui n’a pris fonction qu’à la fin de la conférence, soit une fois que Faure Gnassingbé a correctement influencé le contenu de la Feuille de route la CEDEAO. La feuille de route est donc bien une feuille de route à l’avantage de Faure Gnassingbé qui est le seul à demander des élections en ne faisant pas de réformes ou en faisant des réformes de façade, voire en les bâclant.

En conséquence, ceux qui veulent une victoire et non un arrangement avec Faure Gnassingbé sur une forme nouvelle de légitimation du pouvoir en place devrait se réveiller et réfléchir s’ils n’ont pas trahi le Peuple togolais.

En réalité, le vrai « faux » dialogue était censé durer 10 jours et maintenant on est déjà dans le 5e mois. Voici qu’avec un comité de suivi et des élections le 20 décembre 2018, la CEDEAO veut stopper la capacité du Peuple togolais à choisir ses dirigeants. Aussi, pour ceux qui sont indépendants et souhaitent aller jusqu’au bout de cette lutte sans trahir, il est plus question pour la CEDEAO de stopper les marches pacifiques du peuple togolais.

2- Joachim Agbetim de Radio Victoire Fm à Lomé :

Certaines langues estiment que la feuille de route de la CEDEAO serait rédigée par la diplomatie togolaise se basant sur le fait que c’est le Togo qui était à la Présidence et que c’est aussi le Togo qui était à la manette de l’ordre du jour du sommet ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO.

Je ne sais pas qui a rédigé la Feuille de route de la CEDEAO. Mais il y a eu confusion sur le communiqué final avec des différences entre la position du pouvoir togolais et la position de la CEDEAO. Mais qu’importe, les vraies revendications du Peuple togolais consistant à demander l’application strict de la Constitution de 1992 et ses conséquences à savoir le départ de Faure Gnassingbé n’a pas été évoqué. Donc s’il y a transition, elle devra se faire avec Faure Gnassingbé et son système. Par ailleurs, il n’a nullement été question de libérer les prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons insalubres et vétustes togolaises. En réalité, sans changement de Présidence de la CEDEAO, il ne fallait pas s’attendre à une forme moderne de statu quo. Autrement dit, la Feuille de route ne pourra pas s’appliquer telle quelle sous la présidence du nouveau Président en exercice de la CEDEAO. Mais, le Togo ne peut limiter son avenir à une simple feuille de route. Il faut un véritable programme commun sur l’avenir du Togo.

3- Joachim Agbetim de Radio Victoire Fm à Lomé :

Dans cette négociation avec ce qui vient d’en sortir, peut-on se permettre de dire qu’UNIR s’en est sorti gagnant ou bien c’est l’opposition qui a eu gain de cause ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO.

Au niveau de la Feuille de route officielle, la CEDEAO n’a pas fait de propositions pour l’avenir du Togo, mais pour l’avenir de Faure Gnassingbé et son système.

Aussi, on peut en déduire que c’est UNIR qui est gagnante.

Mais compte tenu du rôle de « deux poids deux mesures de la CEDEAO » qui a perdu sa neutralité, la Feuille de route sera inapplicable dans un Togo où plus de 80 % de la population est en colère contre les usurpateurs de la vérité des urnes et contre ceux qui ont légitimé ce système inique fondé sur l’impunité et l’abus de pouvoir et du droit en allant aux élections en 2015 sans fichiers électorales crédibles, avec une Commission électorale défaillante et une Cour constitutionnelle aux ordres de Faure Gnassingbé.

Il faut donc démontrer que Faure Gnassingbé qui a roulé le Peuple togolais au cours des 27 dialogues passés ne pourra pas changer et mettre en œuvre sérieusement les recommandations de la CEDEAO, à moins que le poulet bicyclette togolais se mette à pousser des dents et à boire du vin de palme.

4- Joachim Agbetim de Radio Victoire Fm à Lomé :

En analysant en profondeur, est ce que ce schéma tracé par la CEDEAO ne s’apparente pas à du déjà vu ? Puisque en 2006, on avait recomposé la CENI, la Cour Constitutionnelle etc. ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO.

La proposition de la CEDEAO sous présidence de Faure Gnassingbé est une copie collée de tout ce que vous retrouvez comme recommandations dans l’accord politique global APG de 2006, de la Commission Vérité-Justice-Réconciliation et même des structures créées par Faure Gnassingbé comme le HCRUN, le comité des intellectuels et universitaires, etc… C’est donc du déjà du vu qui a été mal copié car la CEDEAO va découvrir que Faure Gnassingbé n’a jamais respecté une seule des recommandations de l’APG, même sous la pression des sanctions de l’Union européenne. Comme vous le dites, la recomposition des institutions comme la CENI, la Cour constitutionnelle, et la refonte à la va-vite du fichier électoral avant les élections ne sera que de la façade pour plaire à la CEDEAO et aux pays occidentaux souhaitant le statu quo tout en disant que le « statu quo n’est plus possible ».

5- Joachim Agbetim de Radio Victoire Fm à Lomé :

La feuille de route de la CEDEAO donne l’impression de couper la poire en deux : en particulier lorsqu’elle propose tout comme l’opposition la limitation des mandats présidentiels à 2, le scrutin à 2 tours, le vote de la diaspora, la révision intégrale de la liste électorale, mais reste muette sur la fameuse phrase “en aucun cas”, et sur la CENI actuelle qui est également contestée par le C14. Ne pensez-vous pas qu’il y a beaucoup de non-dits dans cette feuille de route ? Est-ce une volonté délibérée de ne pas faire de mécontents ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO.

La CEDEAO n’a rien coupé en deux. Elle a fait la liste partielle et partiale des propositions du Peuple togolais. En effet, en oubliant la libération des prisonniers politiques notamment ceux de NUBUEKE, en oubliant de proposer une transition sans Faure Gnassingbé, en oubliant de rappeler l’entorse à la Constitution de 1992 avec le non-respect du parallélisme des formes, la CEDEAO a choisi d’organiser l’avenir du Faure Gnassingbé et non l’avenir du Togo et du Peuple Togolais. Pire, les non-dits permettent de laisser Faure Gnassingbé gérer la suite comme il l’entend. Si le Peuple togolais le souhaite ainsi, pourquoi pas ? Mais la réalité est que le Peuple togolais est « fatigué » d’une gestion fondée sur la non-transparence, une grande corruption restée impunie et surtout l’arrangement entre les affidés du pouvoir et d’Unir. Pourquoi l’ensemble des sociétés d’Etat au Togo sont déficitaires et aucune sanction n’est prise contre des dirigeants corrompus ou incompétents ou les deux ? Ce n’est qu’un exemple. LA CEDEAO vient d’inventer la forme moderne du syndicat des chefs d’Etat au cours des deux derniers jours de Présidence de Faure Gnassingbé. Donc, sous la nouvelle présidence du Président nigérian, les choses devraient changer. Encore faut-il aller le voir avec une proposition commune et crédible. Un programme pour l’avenir du Togo soutenu par un Mouvement pour l’avenir du Togo pourrait grandement le convaincre de choisir le camp du Peuple togolais.

6- Joachim Agbetim de Radio Victoire Fm à Lomé :

Cette feuille de route comporte des non-dits en particulier cette proposition de la CEDEAO d’accompagner le processus électoral dans toutes les étapes. Est-ce là un moyen de répondre à l’une des revendications majeures de la C14 qui accuse souvent le gouvernement de faire des élections dont les résultats ne reflètent pas ce qui passe dans les urnes ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO. Aucune élection au Togo n’a à ce jour permis d’exprimer la volonté du Peuple togolais car entachée de fraudes et de contrevérités des urnes, souvent avec des simples inversions de résultats. Ce n’est pas les dirigeants de l’Union des forces du changement ou de l’Alliance Nationale pour le Changement qui me démentira. Ils en ont été les victimes. Le problème est que cette contrevérité des urnes a toujours et systématiquement été soutenu par la CEDEAO. Donc quand la CEDEAO demande d’accompagner le processus électoral à toutes les étapes, est-ce pour la vérité des urnes ou la contre-vérité des urnes ? Si c’est pour rouler le Peuple togolais dans la farine de manioc encore une fois, il est préférable que la CEDEAO ne vienne pas au Togo pour s’occuper des élections. D’ailleurs, la CEDEAO a oublié de mentionner que Faure Gnassingbé n’a jamais fait d’élections locales car avec la proximité avec les populations, il est extrêmement plus difficile de tricher ou d’inverser des résultats. La CEDEAO n’est pas allée vérifier que la sous-traitance confiée à une société belge pour préparer des élections au Togo respecte le code des marchés publics togolais. D’ailleurs, qui à part Faure Gnassingbé contrôle cette société étrangère capables de toutes les manipulations sur des procédures et systèmes électoraux où personne ne peut obtenir d’informations fiables sur les fichiers électoraux et surtout de procéder aux vérifications d’usage. Donc ceux qui choisissent d’aller faire de la sensibilisation, puis des élections uniquement pour récupérer l’argent de la campagne électorale resteront dans l’histoire comme des traites à la cause du Peuple togolais.

7- Joachim Agbetim de Radio Victoire Fm à Lomé :

La CEDEAO demande de retourner à l’Assemblée Nationale pour ces réformes et à défaut à aller au référendum. Cette option laissée par les chefs d’États ne risque-t-elle pas de pousser une des deux (2) parties à rester campée sur sa position sans concession en pensant aller directement au référendum ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO.

La réponse est oui. Mais le rapport de force en faveur du pouvoir en place va permettre un statu quo. Le Peuple togolais finira pas comprendre et rejeter une telle forfaiture. En fait, c’est tout le parlement togolais qui ne reflète pas la vérité des urnes. Retourner à l’Assemblée nationale pour les réformes, c’est maintenir le statu quo et s’assurer de voir le parti majoritaire sur la base des fraudes électorales adopter tout ce que souhaite Faure Gnassingbé.

8- Joachim Agbetim de Radio Victoire Fm à Lomé :

Cette décision de la CEDEAO, doit-on l’assimiler à une obligation pour UNIR et la C14 ou bien ce ne sont que de simples propositions ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO.

La CEDEAO est une institution suprarégionale et ne peut donner des injonctions liant les Etats membres. En fait, il s’agit de recommandations qui risquent de changer puisque ces recommandations sont intervenues sous la Présidence de Faure Gnassingbé et non sous la Présidence du Président Buhari du Nigeria.

9- Joachim Agbetim de Radio Victoire Fm à Lomé :

Les chefs d’États sont restés muets sur la candidature ou non de Faure Gnassingbé en 2020. Comment l’expliquez-vous ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO.

Non, les chefs d’Etat ne sont pas restés silencieux. Lorsqu’il n’est pas indiqué comment va se dérouler les élections présidentielles au Togo en 2020, cela veut dire que la CEDEAO ne met pas en cause le statu quo. Mais sous la présidence effective du Président du Nigeria, tout ceci pourra changer.

10- Joachim Agbetim de Radio Victoire Fm à Lomé :

Dans la Diaspora, vous allez bientôt voter chaque fois qu’il y aura une élection. Et enfin ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO.

Je m’étonne que vous puissiez faire confiance sans vérification et contrôle à la CEDEAO et à Faure Gnassingbé. Il est question de « stopper » – si possible de manière définitive- les marches pacifiques. Aussi, l’annonce sur le vote de la Diaspora devrait satisfaire une Diaspora non indépendante. En réalité, avec des dates impossibles à tenir, le recensement, les conditions de vote à l’étranger, l’annonce des résultats dans les bureaux de vote avant la centralisation des résultats ne sont pas de nature à rassurer. Par ailleurs, il suffit de faire voter dans une ou deux villes à l’étranger pour annoncer ensuite que l’ensemble de la Diaspora a voté. Bref, c’est lorsque la vérité des urnes sortira des urnes togolaises, suite à une préparation transparente et une fiabilité des fichiers, que les chances d’amélioration des conditions de vie et de liberté au Togo pour la grande majorité du Peuple togolais deviendront tangibles.

11- Joachim Agbetim de Radio Victoire Fm à Lomé :

Après la publication de la feuille de route de la CEDEAO, on peut affirmer sans trop risquer de se tromper que notre pays est à la croisée des chemins. Comment les protagonistes de la crise devraient se comporter pour éviter de tomber dans le chaos ?

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO.

Oui, le Peuple togolais doit revoir l’ensemble de sa stratégie et s’interroger si les mêmes qui les ont conduits là où on est arrivé, devraient encore les conduire vers un meilleur futur au Togo.

Aussi, il faudra nécessairement avoir une nouvelle vision crédible qui permettent aux uns et aux autres une adhésion libre et volontaire. Pour ce faire, il est suggéré les points suivants :

  1. élargir la Coalition des 14 partis politiques en y intégrant sans hypocrisie la société civile, la Diaspora si possible indépendantes, d’autres partis politiques non membres de la C14 avec deux conditions majeures ;
  2. tous les membres de cette structure élargie doivent être indépendants du pouvoir de Faure Gnassingbé, des réseaux ésotériques et du système de clientélisme d’UNIR et des militaires non républicains ; enfin
  3. le mode décisionnel au sein de cette nouvelle structure qui pourrait s’intituler un Mouvement pour l’Avenir du Togo (MAT) doit être démocratique.

Donc, il faudra proposer un Programme commun pour ce nouveau Mouvement pour l’Avenir du Togo et continuer les marches car la CEDEAO a choisi de soutenir encore une fois Faure Gnassingbé en le laissant, sous couvert de sous-entendus, le choix de diriger une transition.

Difficile dans ces conditions d’entrevoir une chance de voir s’appliquer ce que souhaite le Peuple togolais et sa Diaspora indépendante dans sa très grande majorité. En définitive, si la lutte n’aboutit pas, c’est bien la démocratie du RPT/UNIR et son système militaro-civil au Togo fondé sur l’impunité et l’abus de pouvoir qui risque de triompher.

Après tout au Togo, la CEDEAO n’a jamais pris une décision en faveur du Peuple togolais, au contraire ! C’est la CEDEAO qui a feint de ne pas voir la contrevérité des urnes au Togo, en 2005, 2010 et 2015… Alors pourquoi ce serait différent pour 2020 ou pour toutes élections intermédiaires ? YEA.

3 août 2018.

Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Coordonnateur général

Collectif pour la Vérité des Urnes.

Direction du Comité de rédaction sur l’Avenir du Togo au sein du réseau de coordination de la Diaspora togolaise indépendante.

CVU-TOGO-DIASPORA. Une association de fait financièrement indépendante et politiquement libre.

www.cvu-togo-diaspora.org

info@cvu-togo-diaspora.org

© CVU-TOGO-DIASPORA

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2 août 2018 Interview pour Radio Victoire FM, Togo Invité : Dr Yves Ekoué AMAÏZO ————————————————  RADIO VICTOIRE FM TOGO 1, Rue des Hirondelles, Tokoin Habitat, BP 80195 Lomé – Togo Tel : (+228) 22 21 80 99 Whatsapp : (+228) 91 35 74 86 Email : radiov... 2 août 2018 Interview pour Radio Victoire FM, Togo Invité : Dr Yves Ekoué AMAÏZO ————————————————  RADIO VICTOIRE FM TOGO 1, Rue des Hirondelles, Tokoin Habitat, BP 80195 Lomé – Togo Tel : (+228) 22 21 80 99 Whatsapp : (+228) 91 35 74 86 Email : radiovictoire@ymail.com Thème de l’émission : LA FEUILLE DE ROUTE DE […] amaizo.info 56:43 12122
ZONE DE LIBRE ÉCHANGE CONTINENTAL POUR 44 PAYS AFRICAINS : Opter pour le rêve face à la réalité des échanges sous haute protection https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/03/23/zone-de-libre-echange-continental-pour-44-pays-africains-opter-pour-le-reve-face-la-realite-des-echanges-sous-haute-protection/12054 Thu, 22 Mar 2018 23:37:42 +0000 http://amaizo.info/?p=12054 https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/03/23/zone-de-libre-echange-continental-pour-44-pays-africains-opter-pour-le-reve-face-la-realite-des-echanges-sous-haute-protection/12054#respond https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/03/23/zone-de-libre-echange-continental-pour-44-pays-africains-opter-pour-le-reve-face-la-realite-des-echanges-sous-haute-protection/12054/feed 0 <div style="float:left;margin-right:10px;"><img width="300" height="156" src="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/03/union-africaine-libre-echange.jpg" class="attachment-300x300 size-300x300 wp-post-image" alt="" srcset="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/03/union-africaine-libre-echange.jpg 652w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/03/union-africaine-libre-echange-300x156.jpg 300w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/03/union-africaine-libre-echange-640x332.jpg 640w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/03/union-africaine-libre-echange-170x88.jpg 170w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></div> <p>Depuis que le Maroc a rejoint l’Union africaine (UA) en janvier 2017 après 32 ans de bouderies avec l’ex-Organisation de l’unité africaine (OUA), l’organisation panafricaine dite « Union africaine (UA) enregistre officiellement 55 Etats-membres, même si le Sahara occidental n’est pas reconnu par le Maroc comme un Etat indépendant. Mais le commerce intrarégional entre pays africains […]</p> <p>Publié par <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net/author/yeamaizo">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net">amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance</a></p>

accord pour une zone de libre-échangeDepuis que le Maroc a rejoint l’Union africaine (UA) en janvier 2017 après 32 ans de bouderies avec l’ex-Organisation de l’unité africaine (OUA), l’organisation panafricaine dite « Union africaine (UA) enregistre officiellement 55 Etats-membres, même si le Sahara occidental n’est pas reconnu par le Maroc comme un Etat indépendant. Mais le commerce intrarégional entre pays africains n’a qu’augmenté que de manière marginale.

1. ZLEC : PSEUDO-VOLONTE D’INTEGRATION REGIONALE

Le Président du Rwanda, Paul Kagamé est le Président en exercice de l’Union africaine jusqu’en fin janvier 2019. A ce titre, pour rentrer dans l’histoire, il était important d’inscrire son nom à une avancée majeure à savoir : retrouver cette Afrique sans les frontières imposées par les pays occidentaux après des années d’utilisation gratuite de la force de travail, puis de l’exploitation du capital humain africain sous des formes aussi diverses que l’esclavage, l’exploitation, le salariat à coût d’opportunité nulle de la main d’œuvre, la colonie et la postcolonie.

Entre 2010-2016, la croissance du commerce de marchandises de l’Afrique ne s’équilibre pas. Avec une croissance de 0,4 % pour les exportations et 4,2% pour les importations, ce continent restait marqué par un commerce extraverti 1. En 2016, on assiste à une amélioration avec une croissance de 1,2 % des exportations contre une croissance négative de -4% pour les importations. Est-ce une prise de conscience qu’il faille importer plus entre les pays africains ? Rien n’est moins sûr !

Au niveau de la croissance du commerce des services, l’Afrique entre 2010-2016 affichait 0% de croissance de ses exportations contre -1 % pour les importations. Là encore en 2016, l’Afrique voit sa situation se dégrader, passant d’une croissance négative de ses exportations avec -6% contre une croissance négative de ses exportations de -10%.

Sur le long terme, l’Afrique commerçait plus en tant que colonie que lorsqu’elle est passée sous les décennies de l’indépendance. C’est ainsi qu’en 1948, C’est ainsi que la part des exportations mondiales de l’Afrique s’est amenuisée progressivement passant de 7,3 % en 1948 à 5,7 % en 1963 pour tomber à 3,2 % en 2016 2.

L’Afrique est donc bien malade de ses échanges, tant au plan quantitatif que qualitatif. Les successions d’exploitation de ce continent et d’obstructions externes et internes y compris la corruption et le non-respect des accords de libre-échanges bilatéraux et sous-régionaux expliquent grandement la situation. Mais la véritable raison est double :

  • une hypocrisie profonde des dirigeants africains quant à mettre en œuvre les décisions prises au niveau continental notamment vis-à-vis de la transformation locale des matières premières avec comme conséquences premières la création d’emplois décents localement ; et
  • un véritable sport panafricain consistant à signer des accords de libre-échange sans le cadre d’une pseudo-volonté d’intégration régionale alors que dans la pratique, les barrières tarifaires et non tarifaires sont légions quant il ne s’agit pas tout simplement de la corruption aux frontières maquillée sous l’ignorance d’un douanier, qui n’oublie pourtant pas, encore trop souvent, d’en profiter pour « arrondir » sa pitance, souvent misérable.

2. EFFECTIVITÉ DE LA ZONE CONTINENTALE DE LIBRE-ECHANGE (ZLEC) EN 2063 ?

Aussi, au lieu d’organiser un sommet extraordinaire sur l’indiscipline quasi-institutionnalisée de nombreux responsables africains sur l’amélioration des facilitations des échanges de biens, de personnes et du capital, l’Union africaine en est réduite à opter pour une sorte de fuite en avant. Mais on ne décrète pas le libre-échange surtout au niveau continental. L’urgence du développement accéléré, avec en filigrane la volonté d’imposer un dogme néo-libéral occidental pour plaire et faire oublier les absences en matière de liberté et de démocratie de l’alternance, ne changera rien sur le fond. La pratique africaine reprendra rapidement ses droits. D’ailleurs, c’est parce que certains pays se sont retrouvés devant le fait accompli et qu’ils n’ont pas participé activement aux préparatifs qu’ils ont boycotté ce sommet de Kigali au Rwanda. Il y a quand même 11 pays dont le Nigeria et l’Afrique du Sud qui n’ont pas jugés nécessaire de s’associer aux 44 pays africains qui ont signés l’accord de libre-échange le 21 mars 2018 à Kigali. Il s’agit en théorie d’une Zone continentale de libre-échange (ZLEC) la plus importante dans le monde. Mais on se croirait sur une autre planète quand le Président de la Commission de l’Union africaine (UA), le Tchadien Moussa Faki Mahamat annonce dans son discours que cet accord « fera de l’Afrique l’une des plus grandes économies du monde ». Il a simplement oublié de préciser l’année. Est-ce en 2063 ou 2163 ? Car aujourd’hui, sans une monnaie commune, sans une fond monétaire africain, sans une banque centrale africaine et surtout sans aucun progrès réel vers des convergences monétaires et fiscales, et sans de complémentarité dans les échanges commerciaux intra-africains, Afrocentricity Think Tank ne voit pas comment certains chefs d’Etat africains peuvent continuer de croire que les 44 Etats africains ont signé un accord de libre-échange pourront interagir sur un « même » pied d’égalité avec les autres blocs économiques internationaux.

Avec les frontières coloniales en Afrique qui ont générées les micro-Etats nations, il n’est pas étonnant que la ZLEC continue de promouvoir le vrai problème de la décision du « haut vers le bas » au lieu de s’appuyer sur les peuples pour avancer. Même si les négociations ont duré deux ans, tous les 44 Etats membres devront faire ratifier cet accord par les parlements nationaux. Il est vrai qu’en juillet 2018 en Mauritanie, les 11 pays non signataires seront courtisés pour signer. Mais, les Etats n’ont pas d’amis. Certains d’entre notamment les plus importants comme le Nigeria et l’Afrique du sud n’ont pas envie de se faire « envahir » par des produits à des prix compétitifs et parfois à la qualité douteuse qui pourraient mettre en péril leur base industrielle. Par ailleurs, une part importante des revenus de nombreux gouvernements africains au sud du Sahara repose sur une moyenne de 12 % de taxes sur le commerce international alors que la moyenne mondiale de cette même taxe est de 2 % et pratiquement de 0 % pour les pays industrialisés 3.

Le commerce intrarégional des pays africains ne dépasse pas les 16 % de l’ensemble de leurs échanges en Afrique. Paradoxalement ce sont les 44 pays signataires de la ZLEC qui taxent le plus, et parfois très lourdement et de manière arbitraire, les exportations intra-africaines alors que les taxes sur les exportations hors du continent sont largement exemptées pour « soi-disant » attirer les investisseurs étrangers, qui bénéficient en plus de clauses secrètes sans nécessairement créer des emplois, ou transférer la technologie et le savoir-faire.

3. RESISTANCE EN OPTANT D’ABORD POUR LA TRANSFORMATION LOCALE DES RICHESSES AFRICAINES

Enfin, le patronat africain qui cherche à s’industrialiser ne peut accepter sans calcul de mettre en œuvre réellement la ZLEC. Il suffit d’ailleurs de faire une analyse rapide des déficits des balances commerciales et des balances de paiement entre les pays africains et entre les régions africaines pour s’apercevoir que les dirigeants africains ont, encore une fois choisi de mettre la charrue avant le zébu. Bref, il faut retrouver la vérité des comptes et de donc de la transparence. En ouvrant trop tôt l’espace africain, les 44 pays n’auront plus que leurs yeux pour pleurer quand d’autres pays non africains viendront s’installer dans l’un de ces pays africains (comme par exemple le Kenya, le Maroc, l’Egypte, l’Ethiopie et l’Algérie) et inonderont leur marché de biens, de main d’œuvre et de crédit et non de capital. Entre absence d’industrialisation et avec un endettement structurel accru, le réveil des 44 dirigeants africains ne sera que plus dur !!!

En réalité, il s’agit d’un problème culturel doublé d’un refus de travailler avec la Diaspora africaine indépendante, celle qui refuse de verser dans le clientélisme politique qui anesthésie le bon sens. L’effectivité de cette zone de libre-échange continental n’est pas pour demain, ni même pour après demain 4. Le processus d’intégration africaine se fera si les peuples africains gagnent en pouvoir d’achat, ce sur la base d’une augmentation des opportunités d’emplois, de l’investissement et de la transformation locale des matières premières avec une consommation de ces produits par les Africains eux-mêmes. YEA.

22 mars 2018.

 

Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Directeur Afrocentricity Think Tank

www.afrocentricity.info

© Afrocentricity Think Tank

 

 

Ecouter l’intervention de Dr Amaïzo et les échanges avec d’autres économistes africains sur :
Deutsche-Welle. La Voix de l’Allemagne

http://www.dw.com/fr/libre-échange-le-nigéria-nest-pas-prêt/a-43041976

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Depuis que le Maroc a rejoint l’Union africaine (UA) en janvier 2017 après 32 ans de bouderies avec l’ex-Organisation de l’unité africaine (OUA), l’organisation panafricaine dite « Union africaine (UA) enregistre officiellement 55 Etats-membres, Depuis que le Maroc a rejoint l’Union africaine (UA) en janvier 2017 après 32 ans de bouderies avec l’ex-Organisation de l’unité africaine (OUA), l’organisation panafricaine dite « Union africaine (UA) enregistre officiellement 55 Etats-membres, même si le Sahara occidental n’est pas reconnu par le Maroc comme un Etat indépendant. Mais le commerce intrarégional entre pays africains […] amaizo.info 7:04 12054
Cédéao : la création d’une monnaie unique en 2020 est-elle réaliste ? https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/03/03/cedeao-la-creation-dune-monnaie-unique-en-2020-est-elle-realiste/12033 Sat, 03 Mar 2018 01:42:01 +0000 http://amaizo.info/?p=12033 https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/03/03/cedeao-la-creation-dune-monnaie-unique-en-2020-est-elle-realiste/12033#respond https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/03/03/cedeao-la-creation-dune-monnaie-unique-en-2020-est-elle-realiste/12033/feed 0 <div style="float:left;margin-right:10px;"><img width="300" height="300" src="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-300x300.jpg" class="attachment-300x300 size-300x300 wp-post-image" alt="" srcset="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-300x300.jpg 300w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-150x150.jpg 150w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-100x100.jpg 100w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-170x170.jpg 170w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-120x120.jpg 120w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-90x90.jpg 90w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-32x32.jpg 32w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-64x64.jpg 64w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-96x96.jpg 96w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-128x128.jpg 128w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre-48x48.jpg 48w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2016/10/Deutsche_Welle_Logo-carre.jpg 388w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></div> <p>Le 21 février 2018, à Accra, les dirigeants des pays membres de la Cédéao, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ont réaffirmé leur intention de créer, d’ici à 2020, une monnaie unique, dénommé, “Eco “. Dans son discours introductif, le président ghanéen Nana Akufo-Addo s’est montré particulièrement enthousiaste. Selon le président du Ghana, “l’introduction d’une […]</p> <p>Publié par <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net/author/yeamaizo">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net">amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance</a></p>

Le 21 février 2018, à Accra, les dirigeants des pays membres de la Cédéao, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ont réaffirmé leur intention de créer, d’ici à 2020, une monnaie unique, dénommé, “Eco “.

Nana Akufo-Addo

Dans son discours introductif, le président ghanéen Nana Akufo-Addo s’est montré particulièrement enthousiaste. Selon le président du Ghana, “l’introduction d’une monnaie unique en Afrique de l’Ouest va aider à supprimer les barrières commerciales et monétaires, réduire les coûts de transaction, dynamiser l’activité économique et accroître le niveau de vie des habitants de la région“.

D’après les conclusions de ce sommet, la création de cette union monétaire doit passer préalablement par une convergence des économies de la région, avec des critères à respecter, tels qu’un déficit public ne dépassant pas 3 % du PIB et un taux d’inflation inférieur ou égal à 5 %. Parmi les nouveautés figurent notamment “le recentrage et la réduction des critères de convergence de onze à six“, ainsi que “la création d’un Institut monétaire de la Cedeao en 2018, pour fédérer et rationaliser les multiples institutions existantes“, d’après les déclarations de Mahamadou Issoufou.

Rappelons que le PIB de la Cédéao est estimé à 628 milliards de dollars avec une population de 350 millions d’habitants. Les pays membres de cette communauté créée en 1975 utilisent des monnaies différentes : huit d’entre eux, rassemblés au sein de l’UEOMOA, l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine, utilisent le franc CFA. Il s’agit du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo.

Sept autres pays utilisent leur propre monnaie : l’escudo pour le Cap-Vert, le dalasi pour la Gambie, le cédi pour le Ghana, le franc guinéen pour la Guinée, le dollar libérien pour le Libéria, le naira pour le Nigeria et le léone pour la Sierra Leone. Problème ? Toutes ces monnaies ne sont pas convertibles, ce qui ne facilite pas les échanges.

Projet réaliste ?

monnaie

Est-il possible dans ces conditions de créer une monnaie unique en Afrique de l’Ouest ? C’est le sujet du débat sous l’Arbre à Palabres, avec trois invités :

-Ndongo Samba Sylla, économiste Sénégalais.

Martial Ze Belinga, économiste camerounais, Panafricaniste, enseignant en économie et commerce international, chercheur indépendant en sciences sociales, co-auteur du livre Sortir de la servitude monétaire. A qui profite le franc CFA ?
Yves Amaizo, économiste Togolais, directeur général de la société MutAgile, conseil, études, investissement et financement.

Date 02.03.2018

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Le 21 février 2018, à Accra, les dirigeants des pays membres de la Cédéao, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ont réaffirmé leur intention de créer, d’ici à 2020, une monnaie unique, dénommé, “Eco “. Le 21 février 2018, à Accra, les dirigeants des pays membres de la Cédéao, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ont réaffirmé leur intention de créer, d’ici à 2020, une monnaie unique, dénommé, “Eco “. Dans son discours introductif, le président ghanéen Nana Akufo-Addo s’est montré particulièrement enthousiaste. Selon le président du Ghana, “l’introduction d’une […] amaizo.info 29:56 12033
Conférence mondiale de Munich sur la sécurité https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/02/24/conference-mondiale-de-munich-sur-la-securite/12024 Sat, 24 Feb 2018 14:11:14 +0000 http://amaizo.info/?p=12024 https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/02/24/conference-mondiale-de-munich-sur-la-securite/12024#respond https://yeamaizo.afrocentricity.net/2018/02/24/conference-mondiale-de-munich-sur-la-securite/12024/feed 0 <div style="float:left;margin-right:10px;"><img width="282" height="211" src="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/02/Conference-mondiale-de-Munich-sur-la-securite.jpg" class="attachment-300x300 size-300x300 wp-post-image" alt="" srcset="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/02/Conference-mondiale-de-Munich-sur-la-securite.jpg 282w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2018/02/Conference-mondiale-de-Munich-sur-la-securite-170x127.jpg 170w" sizes="(max-width: 282px) 100vw, 282px" /></div> <p>Les menaces mondiales et la multiplication des conflits aux conséquences humanitaires dévastatrices ont été les deux changements qualitatifs de l’année dernière qui ont aggravé la situation sécuritaire mondiale, a déclaré à Munich le chef de l’ONU Antonio Guterres, lors de la conférence annuelle sur la politique de sécurité internationale, en Allemagne. « Les conflits deviennent de […]</p> <p>Publié par <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net/author/yeamaizo">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net">amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance</a></p>

Conference mondiale de Munich sur la securiteLes menaces mondiales et la multiplication des conflits aux conséquences humanitaires dévastatrices ont été les deux changements qualitatifs de l’année dernière qui ont aggravé la situation sécuritaire mondiale, a déclaré à Munich le chef de l’ONU Antonio Guterres, lors de la conférence annuelle sur la politique de sécurité internationale, en Allemagne.

« Les conflits deviennent de plus en plus interdépendants et de plus en plus liés à une nouvelle menace terroriste mondiale pour nous tous », a indiqué M. Guterres à la conférence mondiale.

Concernant le  Moyen-Orient M.Guterres a déclaré: « Aujourd’hui, tout le Moyen-Orient est devenu un véritable gâchis ».

L’avenir de l’Europe au sein de l’Otan  a  aussi été examiné à la conférence internationale de Munich, un expert de relations internationales est revenu sur cette question sur les ondes de la Radio Algérienne, Yves Ekoué Amaizo il est Directeur de AFROcentricity  Think Tank.

Pour la première fois depuis la fin de la Guerre froide, le monde est confronté à la menace des armes nucléaires et des missiles à longue portée posée par la Corée du Nord, qu’il appelle « un développement fait en totale contradiction avec la volonté de la communauté internationale et en violation flagrante de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité », selon un communiqué publié par l’ONU sur son site.

Antonio Guterres a déclaré qu’il était essentiel de maintenir des « pressions significatives » sur la Corée du Nord pour créer une opportunité d’engagement diplomatique sur la dénucléarisation pacifique de la péninsule coréenne dans un cadre régional.

 Les deux parties prenantes clés liées à cette crise, les Etats-Unis et la Corée du Nord, a-t-il soutenu, doivent être capables de « se réunir et d’avoir une discussion sérieuse sur ces questions ».

Le deuxième changement concerne le Moyen-Orient au sens large, qui, selon lui, s’est transformé en un « nœud gordien », avec différentes lignes de fracture interconnectées qui ont créé un véritable bourbier. Mettant en exergue le conflit israélo-palestinien et les guerres en Syrie, au Yémen et en Libye, entre autres

M. Guterres a déclaré: « Aujourd’hui, tout le Moyen-Orient est devenu un véritable gâchis ».

En ce qui concerne le cyber sécurité, le secrétaire général a appelé de ses vœux une discussion sérieuse sur le cadre juridique international dans lequel se déroulent les cybers attaques.

Source : http://www.radioalgerie.dz/news/fr/article/20180218/134305.html

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MACRON S’EXPLIQUE SUR LE FRANC CFA : Du cosmétique et de la « Communication » ! https://yeamaizo.afrocentricity.net/2017/11/30/macron-sexplique-sur-le-franc-cfa-du-cosmetique-et-de-la-communication/11957 Thu, 30 Nov 2017 17:06:22 +0000 http://amaizo.info/?p=11957 https://yeamaizo.afrocentricity.net/2017/11/30/macron-sexplique-sur-le-franc-cfa-du-cosmetique-et-de-la-communication/11957#respond https://yeamaizo.afrocentricity.net/2017/11/30/macron-sexplique-sur-le-franc-cfa-du-cosmetique-et-de-la-communication/11957/feed 0 <div style="float:left;margin-right:10px;"><img width="300" height="113" src="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2017/11/Macron_clin-doeil-FCFA-JPEG.jpg" class="attachment-300x300 size-300x300 wp-post-image" alt="" srcset="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2017/11/Macron_clin-doeil-FCFA-JPEG.jpg 640w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2017/11/Macron_clin-doeil-FCFA-JPEG-300x113.jpg 300w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2017/11/Macron_clin-doeil-FCFA-JPEG-630x240.jpg 630w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2017/11/Macron_clin-doeil-FCFA-JPEG-170x64.jpg 170w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></div> <p>Lors de son voyage au Burkina-Faso, le 28 novembre 2017 et face à des étudiants présents dans l’amphithéâtre de l’université de Ouagadougou 1 – Professeur Joseph-Ki-Zerbo, le Président français Emmanuel Macron s’est dit, entre autres, « favorable à un changement du « nom » ou à un élargissement du « périmètre » du franc CFA si les États africains le […]</p> <p>Publié par <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net/author/yeamaizo">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net">amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance</a></p>

Macron clin d'oeil FCFA JPEGLors de son voyage au Burkina-Faso, le 28 novembre 2017 et face à des étudiants présents dans l’amphithéâtre de l’université de Ouagadougou 1 – Professeur Joseph-Ki-Zerbo, le Président français Emmanuel Macron s’est dit, entre autres, « favorable à un changement du « nom » ou à un élargissement du « périmètre » du franc CFA 1 si les États africains le souhaitent 2 ». Nonobstant les critiques, la proposition de la France mérite respect 3.

Mais, nul n’est obligé de croire à ces affirmations surtout que cette monnaie, arrimée à l’Euro, mais garantit par les réserves africaines et contre-garantit par la France, demeure une monnaie sous tutelle du Trésor français, donc non-africaine mais administrée par des Africains. Le FCFA n’est donc pas une monnaie africaine mais un signe monétaire administré, dans le cadre d’une servitude monétaire volontaire, par les dirigeants africains signataires.

Le choix de la parité fixe avec une monnaie d’ancrage et des réserves de change sous-tutelle française avec un système de décision à la majorité simple au sein du conseil d’administration ne peut servir de pensée « monétaire » unique. L’appropriation de l’héritage coloniale d’un signe monétaire ne peut servir « d’ersatz » à une monnaie africaine. La disparition éventuelle de l’acronyme « Franc » devant le CFA 4 ne pourra pas évacuer la réalité des rapports de force. De toutes les façons, l’avenir des pays africains passera par une intégration réussie. Aussi, en Afrique de l’Ouest ou centrale, la monnaie ne pourra pas être oubliée. Aussi, la seule proposition courageuse et de fait sérieuse, est le départ volontaire de la France de la gestion du FCFA et donc du conseil d’administration de la zone franc.

1. FCFA ÉLARGI AVEC UN NOUVEAU NOM : DU COSMÉTIQUE ET UN MANQUE D’ORIGINALITE

En réalité, il s’agit de propositions cosmétiques de la part du Président Emmanuel Macron. Il aura du mal à convaincre sans une forme de coercition indirecte liée au poids militaire et financier de la France sur certains dirigeants de la zone franc. Toutefois, il bénéficie de soutien en la personne du Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Tiémoko Meyliet Kone 5.

A Ouagadougou, non seulement, la question de fond n’a pas été posée, mais en plus les questions provenaient d’étudiants qui ne maîtrisaient pas nécessairement les autres implications du dossier, à savoir, économiques, commerciales, stratégiques, culturelles et militaires. Alors, s’il était question de faire dans la « communication », c’est réussi pour le Président Macron. Mais la question de fond doit être posée.

Que fait la France dans une zone géographique africaine 57 ans après les années d’indépendance ? Si cette France était en conformité avec l’indépendance politique des Etats africains concernés et se faisaient le chantre de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Africains, la France, aurait volontairement proposée de soustraire de cet espace, ce qu’avait fait les anciens colonisateurs anglophones des pays africains. Il y a donc toujours un anachronisme. Alors est-ce que le Président Emmanuel Macron a peur ? Si oui, de qui ? Certainement des puissants lobbies financiers français opérant en zone franc et contrôlant les marchés au point d’empêcher toute concurrence saine et surtout bloquant les politiques d’industrialisation et de diversification de ces pays.

En effet entre 2004 et 2008, la croissance moyenne de la richesse (Produit intérieur brut) par habitant de l’Afrique subsaharienne était de 3,9 % dans la zone CEDEAO alors qu’elle n’était que de 2 % dans la zone franc, répartie comme suit : 3,4 % pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), et 0,6 % pour l’Union Economique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA).

En comparaison, en 2016, la croissance moyenne de la richesse (Produit intérieur brut) par habitant de l’Afrique subsaharienne a sérieusement chuté pour devenir négative, avec -1 %, -2,3 % en zone CEDEAO alors qu’elle n’était plus que de 0,7 % en zone franc, répartie comme suit : -2,9 % pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), et 3,5 % pour l’Union Economique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA). Les perspectives pour 2017 et 2018 projettent une stabilisation de la zone UEMOA avec une croissance moyenne de la richesse par habitant respectivement de 3,5 % les deux années. Des améliorations sont projetées en zone CEMAC avec cette croissance moyenne de la richesse par habitant estimée à -2,0 % en 2017 et -0,2 % en 2018. Bref, les matières premières en Afrique centrale ont attisé les convoitises tant des dirigeants africains que des puissances postcoloniales au point de favoriser des conflits inutiles permettant des accaparements sans contrôle et sans vergogne.

Aussi, pour ne pas dévaluer, il est question de faire peser le poids l’indiscipline monétaire des dirigeants africains de la zone franc, non plus sur la France, mais sur l’une des régions de la zone franc en meilleure santé économique, à savoir l’UEMOA. Une forme de péréquation pourrait même voire le jour avec un FCFA de l’UEMOA réévalué et un FCFA de la CEMAC déprécié. Autrement dit, la France ne veut pas faire jouer sa garantie et donc payer pour la mauvaise gestion des réserves de change dans la zone franc. Faut-il rappeler que le Président Emmanuel Macron a clarifié sa position sur le FCFA à savoir : « La France n’est pas le maître mais le garant du franc CFA 6 ». La réalité est tout autre. Une garantie signifie que la France paye lorsque la garantie doit jouer, à savoir des réserves de change inférieur à 20 %.

La réalité historique est que la garantie de la convertibilité de la France n’a pas fonctionné lors de la dévaluation du FCFA en 1993 du fait des réserves de change de la zone franc trop faibles. La France n’a rien payé alors qu’elle a déclenchée unilatéralement la dévaluation du FCFA avec le concours du Fonds monétaire international, dirigé à l’époque par un français, Michel Camdessus. Le seul pouvoir de coercition reste donc bien le poids la pénalité coloniale, héritée du nazisme monétaire appliqué par l’Allemagne à la France au cours de la 2e guerre mondiale et que la France a « perpétué » et « oublié » de supprimer pour les colonies françaises sous son contrôle, y compris après les indépendances 7. Aussi, il n’est pas possible de faire table rase du passé comme le promeut le Président Macron. Il s’agit en fait d’une véritable légitimation subtile d’une exploitation monétaire et consentie par les dirigeants africains membres de la Zone franc.

Alors, la seule question valable est de trouver pendant la période transitoire de construction de la monnaie commune régionale sans la France, un autre pays qui garantisse la convertibilité du FCFA et la garantie de découvert, en attendant que les réserves accumulées demeurent positives et la discipline et les convergences monétaires permettent de se passer de la garantie d’un pays étranger. Bref, si la France ne garantit rien, la France doit offrir la possibilité de sortir comme un « gentlemen », comme l’on fait les Britanniques avec le Ghana ou le Nigeria.

2. LE FCFA : DETOURNER LA TRAJECTOIRE DE L’INCLUSIVITÉ DES FRUITS DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

Au lieu de contribuer à créer des richesses supplémentaires et surtout les rendre inclusives auprès de la grande majorité de la population, le FCFA a contribué surtout à faciliter les ponctions des ressources de la zone avec très peu de transformation locale, -notamment industrielle-, quasiment pas de transfert de technologies. La résultante est qu’il n’y a pas eu progression significative en termes d’emplois décents, d’où la défiance de la jeunesse africaine envers ce signe monétaire, car le Franc CFA n’est pas une monnaie, car elle n’est pas une nouvelle division de l’Euro, à la différence du Franc français aujourd’hui disparu.

C’est cela qui explique que l’appellation d’Euro FCFA n’a pas pu être adoptée, ce qui aurait permis à tous les membres de l’Union européenne d’entrer au conseil d’administration de la zone franc. La France n’en a pas voulu et les dirigeants africains de l’époque n’y ont vu que du feu. Aussi, il faut se demander pourquoi les dirigeants de cette zone continue à garder un système monétaire qui conduit les populations à les rejeter du pouvoir pour mauvaise gouvernance et corruption caractérisée dans un espace monétaire stable grâce au pouvoir de coercition des forces dites de sécurité.

En réalité, les pressions sont ailleurs. Les dirigeants de ces pays ont accepté une forme de servitude volontaire qui est indirectement payée par des avantages divers qu’ils obtiennent de la France. Le plus important de ces avantages se retrouve au niveau de la préservation des accords secrets de défense qui permettent à de nombreux dirigeants de la zone franc de se maintenir au pouvoir et d’orienter l’économie vers des formes « africaines » de la théorie économique du « ruissellement » où seuls les affidés des pouvoirs politiques, ésotériques, économiques et militaires de la France-Afrique (Françafrique ou Afrique-France, c’est selon) profitent.

Alors, l’élargissement du périmètre du Franc CFA proposé par le Président Macron, est-ce réaliste ? Oui, si la servitude volontaire voit son « périmètre » s’étendre aussi. Rappelons tout de même que la monnaie commune africaine doit d’abord être une monnaie sous-régionale. Aussi, en prenant l’exemple de l’Afrique de l’Ouest, les pays anglophones mais aussi le Maroc qui vient de rejoindre la CEDEAO devrait pouvoir en accepter le principe. Donc, en pratique, il s’agit de demander au Nigeria (Naira), la Guinée (Franc guinéen), le Maroc (Dirham marocain), le Ghana (Cedi) de rejoindre la zone franc. La réponse pour la plupart de ces pays est négative. Mais si la question est posée à l’envers à savoir si la France doit sortir de la CEDEAO afin de permettre l’émergence d’une monnaie commune, la réponse est massivement OUI ! Sauf qu’aucun des ministres de l’économie et des finances de ces pays n’a le courage de la dire tout haut lors des conseils d’administration de la zone franc.

D’ailleurs, le véto français, -car il y a un véto non-écrit et non-dit-, aura permis de les rabrouer rapidement, avec souvent à la clé, la perte du poste de ministre, accompagné d’humiliations diverses et même parfois du chantage à l’aide au développement. Aussi pour ne pas tous perdre, de vrais faux calculs électoralistes sont établis par certains chefs d’Etats africains qui s’évertuent à faire du dérapage contrôlé sur la fin du FCFA auprès des populations. Cette forme de populisme n’est qu’une forme moderne de l’hypocrisie. Cela permet de réhabiliter ceux qui ont d’importantes « casseroles économiques » à se reprocher et surtout à confirmer que le FCFA a servi principalement à détourner la trajectoire de l’inclusivité des fruits de la croissance économique aux dépens des populations africaines de la zone franc. Les politiques structures de développement doivent pouvoir être mise en place avec efficacité. Malheureusement, les retards et autres turpitudes posent aussi le problème de l’efficience de la gouvernance des dirigeants africains, notamment en matière de promotion de la production et de la productivité en Afrique.

3. LA FRANCE N’A PAS PROPOSÉ DE QUITTER VOLONTAIREMENT LA ZONE FRANC

Le Président français Emmanuel Macron ne se considère pas comme un promoteur de l’influence post-coloniale de la France puisqu’il a déclaré que le FCFA apportait la stabilité monétaire aux 14 pays d’Afrique subsaharienne. Rappelons au passage que les Comores qui un autre taux change est aussi sous le régime de la zone franc.

En réalité, Si la France de l’amitié « France-Afrique » que propose le Président Emmanuel Macron entre la zone franc et la France était sincère, la France apporterait son soutien par exemple à la création du Fonds monétaire africaine sous-régional. Cette institution soutiendrait les efforts de convergence monétaire dans les pays de la Zone franc, faciliterait les soutiens budgétaires en cas d’endettement passager, et permettrait une meilleure discipline monétaire au sein de la zone sans avoir besoin de la garantie de la France. Mais au demeurant, il n’y a pas de monnaie commune africaine sous-régionale si les dirigeants africains n’acceptent pas le principe de la période transitoire d’environ 3-5 ans où la monnaie commune serait en circulation et son pouvoir libératoire s’affirmera progressivement. Pour ce faire, il faudra commencer par le « commencement » et s’assurer que la monnaie commune sous-régionale ne soit pas produite en France, à Chamalières, un village français proche du fief de l’ex-Président Valéry Giscard d’Estaing où est produit les billets et pièces du FCFA. La délocalisation de la machine à imprimer les billets ne peut être confié à certains chefs d’Etat de la zone franc dont le niveau de corruption au profit d’eux-mêmes mais aussi de dignitaires et politiques français n’est plus qu’un secret de polichinelle.

La réalité est que le FCFA est in instrument de puissance et donc de « blocage » de l’autodétermination économique et financière, voire militaire et culturelle des pays qui subissent ou accepte le principe de la servitude volontaire. Les populations africaines commencent à s’interroger sur les priorités que se donnent leurs dirigeants : servir le peuple africain ou servir les intérêts français ? Si le Président Macron s’inscrit dans la logique de ses prédécesseurs et surtout des nombreux lobbies et entreprises multinationales françaises en Afrique qui l’ont soutenu et perpétuent le statu quo, alors il risque d’apprendre à ses dépens qu’en Afrique de 2017 et à fortiori, celle de 2025, 2030 et 2050, ce qui est bon pour la France n’est pas nécessairement bon pour le peuple africain, même si c’est « bon » pour certains dirigeants africains et leurs affidés zélés.

Cependant, il y a au moins une vraie question qui aurait permis de démontrer le courage politique du Président Emmanuel Macron sur la question du Franc CFA. En effet, si la France souhaitait véritablement que le débat sur le FCFA soit clos et son image en perdition en Afrique francophone change, il suffit pour le Président français de proposer de quitter volontairement la zone franc, si les pays africains le souhaitent ; ce qui veut dire que les deux représentants français de la zone franc qui ont un droit de véto acceptent de céder leur siège et que la garantie accordée par la France retourne à l’ensemble des membres de la zone, élargie ou pas. Cette question n’a pas été posée. Ce qui, avec le recul, conduit à penser que la plupart des questions, malgré parfois le côté des interpellations animées, intègrent une opération de communication bien orchestrée avec un Président Burkinabé Roch Marc Christian Kaboré bien muet lorsqu’il s’agit d’expliquer les défaillances économiques dans son pays. Il s’est même éclipsé quelques minutes bien longues lorsque des questions pertinentes relevaient de sa compétence… Le Président Macron ne s’est pas gêné de le faire remarquer… et de s’étonner de cette absence impromptue rapidement corrigée…

4. LE FRANC CFA CONTRARIE LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET INCLUSIF DES AFRICAINS

Au final, est-ce vrai que l’arrimage du FCFA à l’EURO handicape les économies des Etats qui utilisent cette monnaie ? La réponse est mal posée. En effet, la vraie question est de savoir si l’utilisation continue du FCFA comme par le passé permettra d’avoir d’ici 10 ans, des économies émergentes, industrialisées et intégrant les chaines de valeur en amont et en aval avec des créations d’emplois décents ? La réponse est NON ! Alors la vraie question, le FCFA a-t-il surtout servi à empêcher le développement industriel des pays de la zone France ? La réponse est malheureusement OUI.

La part de la valeur ajoutée manufacturière d’une économie devrait se situer au-delà de 18 % – 20 % dans le produit intérieur brut pour pouvoir atteindre un taux de croissance annuel moyen de 7 % comme suggéré par les Nations Unies. Malheureusement, la plupart des pays de la zone franc se situe largement en dessous. Pire, le Président du Burkina Faso aurait gagné à parler en rappelant au Président Emmanuel Macron que la part de la VAM de son pays dans la richesse produite du pays (Produit intérieur brut) est passé de 12 % en 2005 à 6 % en 2016.

La Côte d’Ivoire qui fait office de référence est passé pour les mêmes périodes, respectivement de 8 % à 15 %. La réponse est que la Côte d’Ivoire a pris conscience de l’urgence de transformer ses matières premières sur place tout en limitant la corruption. En effet, le Nigeria très actif et engagé sur l’industrialisation, est passé pour les mêmes périodes de 3 % à 9 %. La corruption semble avoir grignoté quelques points de croissance. Le Sénégal passant de 15 % à 13 %, le Togo de 9 % à 5 % viennent tous confirmé que le FCFA n’a pas été le moteur ou le catalyseur de l’industrialisation des pays de la zone franc, au contraire.

Alors, la question reste posée : faut-il adopter une monnaie commune de transition la faire vivre en parallèle avec le Franc CFA pendant un période variant entre 3-5 ans, en sachant que la parité de cette monnaie sera basée sur une pondération entre les principales devises internationales avec lesquelles l’Afrique échangent et commerce le plus, vraisemblablement le Dollar américain, l’Euro et le Yuan/Renminbi 8 de la Chine.

Ce n’est qu’à cette condition que le nouveau report de la CEDEAO de créer sa monnaie commune aux 15 pays membres dès 2020 pourrait ne pas se heurter à un nouveau report. Entretemps, la discipline monétaire et économique des dirigeants africains devra s’avérer effective. Le Franc CFA mourra alors de sa mort naturelle. Aucun Africain, non adepte de la servitude volontaire, ne voudra l’utiliser pour ses transactions financières. La nouvelle monnaie de compte, de paiement et de réserve, voire d’investissement, se sera imposée du fait de sa crédibilité. Personne ne songera à mettre alors

  • des activistes comme le militant Kémi Séba en prison au Sénégal pour avoir brûlé « son » billet de 5 000 FCFA 9 ;
  • ni « virer » un ex-ministre togolais chargé de la prospective et de l’évaluation des politiques, Kako Nubukpo pour avoir tenté d’expliquer les contradictions d’un FCFA 10 ;
  • ni empêcher le Professeur Nicolas Agbohou, de continuer inlassablement et systématiquement à alerter et réveillé la conscience et le savoir des jeunes et moins-jeunes africains sur les formes modernes du « nazisme monétaire 11 » que constitue le FCFA.

5. FRANC CFA : RAPPEL HISTORIQUE POUR LA NOUVELLE GÉNÉRATION DE FRANÇAIS ET D’AFRICAINS

Un rappel historique est indispensable car justement, c’est cette usurpation de la richesse africaine que les historiens français ont savamment oublié dans les livres d’histoire. Normal, l’histoire de la gazelle racontée par un lion à ses lionceaux ne peut être la même que celle racontée par celle-ci à ses faons.

Créé le 25 décembre 1945 à la fin de la 2e guerre mondiale, le Franc des Colonies Françaises d’Afrique (FCFA) est une réminiscence douloureuse pour les citoyens français des cinq années de domination de l’Allemagne nazie dirigée par Adolf Hitler. La France de 1940, sous la direction du Maréchal Philippe Pétain avait capitulé en acceptant l’occupation nazie qui s’est accompagnée d’un transfert de richesses de la France vers l’Allemagne sous la forme du nazisme monétaire, un système conçu par Herman Goering, ministre de l’économie d’Adolf Hitler, en réponse à l’imposition unilatérale de réparations de guerre « mal digérées ».

Il suffit de faire référence à la Convention d’armistice signée le 22 juin 1940 pour en comprendre les termes iniques 12. Tous les territoires conquis par l’armée allemande y compris les colonies africaines devaient contribuer sous toutes les formes à enrichir l’Allemagne. La soumission forcée accompagnée de la servitude volontaire a permis de piller littéralement une partie importante des richesses françaises au profit de l’Allemagne.

Pourtant, c’est bien la France de l’après-première guerre mondiale qui, en signant le traité de Versailles le 28 juin 1919, semble avoir initiée la pratique de la ponction monétaire unilatérale d’un pays suite à une défaite militaire. Le peuple allemand s’est vu imposer le versement estimé à 269 milliards de Reich Marks de l’époque. Ces réparations de guerre avaient pour objet en 1919 d’abord de compenser les pertes subies par la France et la Belgique suite à la 1e guerre mondiale et puis de rembourser, au moins partiellement, le coût de l’assistance militaire fournies par les pays alliés. Indirectement et suite à des crises économiques financières et boursières dont celle de 1929, la ponction monétaire demandée à l’Allemagne de Weimar entre 1920 et 1933 a conduit à une impasse.

Les difficultés à honorer les engagements imposés lors du traité de Versailles de 1919, Hitler dans sa logique d’impérialisme larvé a choisi de rejeter le paiement de cette dette à la France et en a profité pour instrumentaliser tout ceci comme une « usurpation » de la France envers le peuple allemand, ce qui par les temps de chômage massif de l’époque, non seulement a facilitée l’ascension d’Hitler, mais a conduit entre autres à la 2e guerre mondiale. Aussi, il faut s’étonner que ce système de servitude monétaire imposé par la France et ses alliés en 1919 à l’Allemagne, puis imposé par l’Allemagne de Hitler à la France entre 1940 et 1945 sous la forme d’un nazisme monétaire ait pu être préservé dans les colonies alors que le principe avait été aboli par les deux parties.

Si le peuple allemand avait eu du ressentiment envers le système de pénalité de la France, puis le peuple français envers le nazisme monétaire, il ne faut pas s’étonner que les peuples africains, notamment les jeunes, aient du ressentiment envers le Franc CFA, un système intégré de ponction, puis de contrôle partiel de l’autodétermination économique des peuples africains membres de la zone franc. La subtilité consistait simplement dans la manipulation du taux de change avec en 1940, le mark sous Adolf Hitler a été fixé à 20 francs français 13. Une exploitation inacceptable stoppée avec la défaite de l’Allemagne et perpétuée sous d’autres conditions avec le Franc CFA. Alors, faire l’amnésie sur l’histoire monétaire de la France en Afrique parce que l’on appartient à une nouvelle génération apparaît comme un anachronisme qui dans le cas du Franc CFA relève de l’imposture.

La fixation de la parité fixe de ce signe monétaire qu’est le FCFA, les formes diverses de dévaluation unilatérale, l’obligation de déposer en garantie une partie des réserves de change de la zone franc forment les principaux éléments d’un système monétaire subtil de dépendance assurée, imposée par les uns, assumée par les autres, qui ne peut fonctionner que sur la base d’un renouveau relationnel fondé sur une amnésie historique et une servitude volontaire des dirigeants africains. C’est d’ailleurs la même technique qui avait été utilisée pour faire oublier l’esclavage, l’exploitation gratuite de la force de travail du peuple africain, la colonisation et aujourd’hui la post-colonisation. Les experts du groupe d’influence et d’action Afrocentricity Think Tank ne pouvait ne pas exercer leur droit de réponse.

CONCLUSION

Le constat des statistiques économiques mais aussi les actes de violences et d’interventionnisme en Afrique posées par la France en Libye ou en Côte d’Ivoire n’ont pas contrebalancé celles posées au Mali ou plus discrètes de légitimation continue du système militaro-civil de la famille Eyadéma au Togo. Les populations africaines, bien mieux informées avec les réseaux sociaux, sont devenus insensibles à la politique de communication ou les opérations de « charme » qui n’apportent pas d’améliorations dans leur quotidien. C’est cette crise de défiance qui contrecarre l’espérance annoncée et promise du Président Emmanuel Macron en l’avenir d’une nouvelle « amitié France-Afrique ».

La célèbre formule de Thomas Sankara, à savoir « la construction de l’avenir que vous osez inventer », utilisée par Mr Macron en guise d’introduction ne s’applique pas au Franc CFA telle que proposée par le Président Français. Il s’agit au mieux de perpétuer le nazisme monétaire que constitue le Franc CFA en 2017 avec un nouveau nom et si possible l’élargir à d’autres pays qui souscrivent à la servitude volontaire, ou alors le Président Macron doit accepter de confronter ses propositions avec les spécialistes africains de la question FCFA, spécialistes qui ne sont pas alignées sur ses positions manquant singulièrement d’originalité et surtout d’audace et de courage. Bref, sur le Franc CFA, le Président Macron n’a convaincu que ses affidés, et encore car ceux qui n’osent pas lui faire un affront se sont aussi tus de peur de représailles dont la France a le secret pour faire perdurer ses intérêts en Afrique. Il faut espérer qu’une crise de confiance ne viendra pas s’installer du fait justement des positions bien conformistes et ambiguës de la France sur l’avenir du Franc CFA.

La réalité est que le FCFA a plutôt empêché, voire contrarié, le développement économique et inclusif des Africains de la zone franc. Il faut se demander comment les pays membres de la zone peuvent accepter de constater la détérioration continue et persistant de leur balance commerciale entre 2004 et 2017. La France est-elle en définitive le bon partenaire pour les pays de la zone franc ? Le graphique ci-dessous portant sur la part de plus en plus émoussée du solde (exportations moins importations) de la balance commerciale dans la richesse créée (Produit intérieur brut) au sein de la zone franc ne permet pas de s’en convaincre.

Graph Zone Franc 2004-2018

Toutefois, à la lumière de ces échecs stratégiques et de gouvernance publique de mauvais aloi, les responsabilités des dirigeants politiques et économiques africains ne peuvent être exclues. Alors peut-on tenter d’avancer ensemble vers une avenir gagnant-gagnant avec le même FCFA qui a donné le résultat que chacun connaît ? Mais tant que les dirigeants africains de la zone croiront ou seront contraints de croire que dès lors que leurs réserves de change collectives accumulées resteront supérieures à 20 % auprès du compte d’opération du Trésor français, la dévaluation imminente du Franc CFA ne sera pas à l’ordre du jour. Mais une dévaluation est aussi d’abord une décision politique qui risque de dépendre de celui des membres du Conseil d’administration de la zone franc qui a une voix prépondérante, voire un véto, même si les textes officiels n’en font mention.

En défintive et suite à la mission du Président Macron en Afrique, il faudra faire attention à l’approche de la France qui pourrait, en fait, avancer masquée sur les nouvelles relations France-Afrique et plus particulièrement sur le Franc CFA, tant il est vrai qu’il n’y avait « jamais » eu, selon le Président Macron 14, de politique africaine de la France.  C’est pourtant cette politique dite « inexistante » de la France en Afrique qui crée le malaise et occasionne des jets de pierres lors du passage du convoi présidentiel du Président Macron à Ouagadougou. Cela risque de créer un nouvel espace pour le double langage à savoir que le masque blanc peut aussi se cacher non plus uniquement dans une peau noire 15, mais aussi dans une peau blanche. YEA.

Dr Yves Ekoué AMAÏZO.

Directeur Afrocentricity Think Tank

29 novembre 2017

© Afrocentricity Think Tank.

I : www.afrocentricity.info

Ecouter ci-après les échanges sur le FCFA sur BBC Afrique

ECOUTER AUSSI LES ECHANGES SUR LA RADIO BBC AFRIQUE AVEC :

BBC Afrique – Dakar

Mr Souleymane Issa MAÏGA, Journaliste BBC Afrique

Invité : Dr Yves Ekoué AMAÏZO, Directeur Afrocentricity Think Tank

Invité du Journal de Midi : page économique du 29 novembre 2017

Ecouter l’échange : Le Président Macron sur le FCFA à Ouagadougou, le 28 novembre 2017

Résumé :

Lors de son intervention du mardi 28 novembre 2017 mardi à l’université de Ouagadougou 1, le Président français Emmanuel Macron s’est déclaré « favorable à un changement du nom…. ou à un élargissement… du “périmètre” du franc CFA si les Etats africains le souhaitent ».

Ecoutez la réaction de Yves Ekoué Amaïzo Economiste, Spécialiste du Franc CFA, Directeur du groupe de réflexion et d’influence Afrocentricity Think Tank…

Au micro de Souleymane Issa Maiga

ECOUTER :

Liens : http://www.bbc.com/afrique/region-42162377

Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance

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Lors de son voyage au Burkina-Faso, le 28 novembre 2017 et face à des étudiants présents dans l’amphithéâtre de l’université de Ouagadougou 1 – Professeur Joseph-Ki-Zerbo, le Président français Emmanuel Macron s’est dit, entre autres, Lors de son voyage au Burkina-Faso, le 28 novembre 2017 et face à des étudiants présents dans l’amphithéâtre de l’université de Ouagadougou 1 – Professeur Joseph-Ki-Zerbo, le Président français Emmanuel Macron s’est dit, entre autres, « favorable à un changement du « nom » ou à un élargissement du « périmètre » du franc CFA si les États africains le […] amaizo.info 1:39 11957
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FSA_1706-1Quel regard sur l’Afrique d’aujourd’hui ?

Invité :
M. Loïk Le-Floch Prigent, Ex PDG d’Elf, depuis la France.

Togo : Commentaire et analyse des journalistes sur la situation politique

Invités :
1 – M. Ferdinand Ayité, Directeur du journal l’Alternative, depuis Lomé;
2 – M. Idelphonse Akpaki, Directeur du journal La Gazette du Togo, depuis Lomé.

Débat : Le régime togolais est-il disposé à réaliser les réformes politiques ?

Invités :
1 – M. Gilbert Bawara, Ministre de la Fonction publique, du travail et de la Réforme administrative, depuis Lomé;
2 – Dr. Yves Ekoue Amaïzo, Consultant International, Coordonnateur du Collectif pour la Vérité des Urnes CVU Togo Diaspora, depuis Vienne.

C’était au micro de Sylvain Amos avec la collaboration de Sena Afeto, Siméon Atchakpa, Rodrigue Ahégo.

Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance

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Quel regard sur l’Afrique d’aujourd’hui ? Invité : M. Loïk Le-Floch Prigent, Ex PDG d’Elf, depuis la France. Togo : Commentaire et analyse des journalistes sur la situation politique Invités : 1 – M. Ferdinand Ayité, Quel regard sur l’Afrique d’aujourd’hui ? Invité : M. Loïk Le-Floch Prigent, Ex PDG d’Elf, depuis la France. Togo : Commentaire et analyse des journalistes sur la situation politique Invités : 1 – M. Ferdinand Ayité, Directeur du journal l’Alternative, depuis Lomé; 2 – M. Idelphonse Akpaki, Directeur du journal La Gazette du Togo, depuis […] amaizo.info 2:00:08 11746
FENÊTRE SUR L’AFRIQUE DU SAMEDI 13 MAI 2017 https://yeamaizo.afrocentricity.net/2017/05/13/fenetre-sur-lafrique-du-samedi-13-mai-2017/11734 Sat, 13 May 2017 21:22:23 +0000 http://amaizo.info/?p=11734 https://yeamaizo.afrocentricity.net/2017/05/13/fenetre-sur-lafrique-du-samedi-13-mai-2017/11734#respond https://yeamaizo.afrocentricity.net/2017/05/13/fenetre-sur-lafrique-du-samedi-13-mai-2017/11734/feed 0 <div style="float:left;margin-right:10px;"><img width="93" height="89" src="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2010/05/KanalK.jpg" class="attachment-300x300 size-300x300 wp-post-image" alt="" srcset="https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2010/05/KanalK.jpg 93w, https://yeamaizo.afrocentricity.net/files/2010/05/KanalK-32x32.jpg 32w" sizes="(max-width: 93px) 100vw, 93px" /></div> <p>Questions de Sylvain Amos(SA), Journaliste à Kanal K. Suisse. Interview avec : Dr Yves Ekoué AMAÏZO, Coordonnateur du CVU-TOGO-DIASPORA, Consultant International. E : yeamaizo@cvu-togo-diaspora.org 13 mai 2017 Ecouter l’émission :  ———————————————————————– QUESTIONS: Kanal K. Question 1- Samedi dernier, le 6 mai 2017, notre rédaction recevait le Coordonnateur générale de la Diaspora Togolaise Indépendante (DTI) qui a […]</p> <p>Publié par <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net/author/yeamaizo">Yves Ekoué Amaïzo</a> sur <a rel="nofollow" href="https://yeamaizo.afrocentricity.net">amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance</a></p>

FSA-fenetre sur l afriqueQuestions de Sylvain Amos(SA), Journaliste à Kanal K. Suisse.

Interview avec :

Dr Yves Ekoué AMAÏZO, Coordonnateur du CVU-TOGO-DIASPORA, Consultant International.

E : yeamaizo@cvu-togo-diaspora.org

13 mai 2017

Ecouter l’émission : 

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QUESTIONS:

Kanal K. Question 1- Samedi dernier, le 6 mai 2017, notre rédaction recevait le Coordonnateur générale de la Diaspora Togolaise Indépendante (DTI) qui a bien expliqué le bien-fondé de ce mouvement politique avec les principales résolutions, actions et vote démocratique du Bureau provisoire de 6 mois. Il faut noter que c’est bien l’une des première fois que les décisions se prennent démocratiquement et sur la base d’un Consensus dénommé : Le Consensus de Chicago. Vous y avez participez comme un grand acteur de la Diaspora indépendante. Vous y avez présenté deux sujets primordiaux :

  • A. Diasporas togolaises: responsabilités et rôles nouveaux. L’émergence de la 6e région du Togo: de l’autonomie de la Diaspora
  • B. Développement: création de valeurs ajoutées et richesses inclusives: contributions de la Diaspora au mieux-être individuel et collectif

Lors de la 2e présentation, vous avez insisté sur un terme économique qu’est “la valeur ajoutée et la richesse inclusive” comme solution pour les pays africains, le Togo en particulier. Expliquez-nous un peu ce concept de création de ces valeurs ajoutées et de richesses inclusives ? Pourquoi Faure Gnassingbé ne l’a pas fait, alors qu’il a de nombreux économistes comme conseillers ?

YEA:Je vous remercie pour l’invitation. La valeur ajoutée pour tout un chacun au Togo ou ailleurs est définie comme la différence entre la valeur de ce qui est produit par l’humain et la valeur de tous les biens qui ont été consommés tout au long du processus de production (matières premières, toutes les consommations intermédiaires, et divers intrants y compris le temps passé pour la réaliser le produit final). Il se trouve que lorsqu’on mesure cette valeur ajoutée dans les pays faiblement industrialisés notamment les pays africains et plus particulièrement le Togo, cette valeur ajoutée est très faible, voire inexistante. Le citoyen togolais collectivement a une forme de préférence pour un gain rapide, facile et si possible magique…. La réalité est tout autre. En exportant cette approche sur les méthodes utilisées par le pouvoir en place pour diluer la capacité de résistance et de combat du peuple togolais, on s’aperçoit qu’il suffit de distribuer des miettes d’une richesse accaparée, parfois frauduleusement, pour se créer une clientèle et affidés, prêts à verser dans l’indifférence, l’alignement et l’apolitisme. Certains ecclésiastiques qui refusent la séparation de l’église et de l’État sont devenus des spécialistes pour contribuer à faire croire que tout viendra d’ailleurs ou tout se passera après la mort des uns et des autres, ce à des conditions que vous retrouvez dans les livres religieux…

Les partis politiques dits d’opposition ne sont pas de reste puisqu’il est difficile d’entendre de leur part, un discours qui valorise l’entrepreneuriat, l’effort et la création de valeurs ajoutées, fondement d’une richesse travaillée. Il est plus question de perpétuer l’exploitation des ressources du Togo mais par des personnalités différentes de celles du pouvoir. Alors, il devient impossible de bâtir sur le long terme une société sur cette base. La richesse ainsi créée doit nécessairement faire l’objet d’une diffusion intelligente, elle-même créatrice de valeurs ajoutées. Donc cette richesse inclusive doit servir à soutenir des emplois, des entreprises et moins des rentiers ou des détrousseurs des richesses créées par d’autres. Au niveau de l’État, il faut que les relations entre la France et le Togo changent et reposent sur des bases plus saines, plus transparentes et moins ésotériques car le bilan de cette relation au niveau de la richesse (Produit intérieur brut (PIB)) par habitant est malheureusement déplorable. Avec plus de 68 % de taux de pauvreté et 80 % d’endettement en moins de 5 ans, la gouvernance du système militaro-civil de Faure Gnassingbé est en train de d’atteindre des limites où l’explosion de violence sociale pourrait prendre remplacer la stabilité militarisé.

Alors pourquoi Faure Gnassingbé n’a pas créé de la valeur ajoutée malgré ses nombreux conseillers locaux et étrangers y compris dans la Diaspora alignée, c’est qu’il faut d’abord comprendre le concept, puis vouloir la mettre en œuvre au profit des populations. La réalité est que le concept est mal compris et la mise en œuvre se fait uniquement au profit des affidés du système militaro-civil, y compris avec l’aide des multinationales privées françaises ou étrangères (Qatar, Inde, Chine, etc.).

Kanal K. Question 2. Cette décision dite du consensus de Chicago de se constituer en Mouvement Politique est un peu mal compris par certains togolais. En quoi DTI est-elle différente des autres mouvements de la Diaspora togolaise telle qu’elle existe et fonctionne actuellement ? Prenons l’exemple de votre Mouvement citoyen CVU-Togo-Diaspora?

YEA. La différence est pourtant simple. La plupart des structures associatives togolaises au pays comme dans la Diaspora sont fiers d’afficher qu’elles sont « apolitiques ». Sauf que l’apolitisme au Togo, c’est plébisciter et légitimer le « statu quo ». Alors quelles que soient les motivations, le résultat est bien 50 ans d’usurpation du pouvoir politique, économique, juridique, culturel et même spirituel par un même groupe d’individus assoiffés de pouvoir sans alternance et sans vérité des urnes.

Aussi, la Diaspora togolaise indépendante a pris conscience de cet état de fait comme condition sine qua non pour proposer une alternative crédible au peuple togolais, alternative qui doit nécessairement « augmenter le gâteau économique » sur la base de l’entrepreneuriat, le business décent, la création d’emplois, l’innovation et la richesse inclusive sur des bases écologiques. Cette DTI a choisi de se distinguer mais aussi de se séparer de toutes les autres qui légitiment le système Faure Gnassingbé, consciemment ou inconsciemment, mais aussi d’éviter les confusions du genre avec les structures dites apolitiques et qui en fait tendent à limiter la capacité de développement de la culture de combat et de résistance politique. Il faut bien sûr identifier les « recto-verso », qui sont ceux qui sont adeptes d’une forme randonnée politique entre les « alignés, les silencieux apolitiques et les indépendants sans jamais arrivés à se stabiliser… Ces arrivistes de la politique se retrouvent aussi dans la Diaspora. Il n’est pas possible de travailler à construire un Togo alternatif avec de telles girouettes qui acceptent la servitude volontaire.

Il va de soi qu’il est question par la palabre togolaise intelligente, d’arriver à persuader les uns et les autres. Mais si Faure Gnassingbé ne peut et ne veut être convaincu par le constat de son incompétence en termes de gouvernance politique et économique, il est possible pour la DTI de convaincre les pays d’accueil de ne pas continuer à soutenir une mauvaise gouvernance au Togo qui nourrit la migration non contrôlée vers les pays occidentaux. Mais pire, c’est aussi toute l’insécurité humaine produite par ce régime qui constitue une valeur négative, ce qui se traduit par des destructions de richesses, des manques à gagner et surtout une inégalité abjecte où un nombre très limité naviguant dans le giron du pouvoir s’accapare les biens communs des Togolais quand il ne s’agit pas de le sous-traiter à des multinationales occidentales qui d’ailleurs ne contribuent pas à créer des valeurs ajoutées additionnelles, encore moins des emplois.

Le Mouvement citoyen CVU-Togo-Diaspora a toujours été un mouvement politique mais qui s’investit dans l’influence auprès des pays occidentaux non hypocrites et qui veulent le mieux-être des populations togolaises. En réalité, de nombreux acteurs affichent des positions louables, mais font exactement le contraire dans la pratique… Donc, c’est un travail de vigilance que d’aider à identifier les acteurs qui travaillent contre l’intérêt du Togo et des citoyens togolais. Paradoxalement, on en trouve aussi au Togo et à la tête de certains des 111 partis politiques togolais.

Kanal K. Question 3 : Parlant de votre mouvement CVU-Togo Diaspora, il se susurre sur les réseaux sociaux que vous êtes en accointance avec l’ancien Premier ministre, Mr Agbéyomé Kodjo, qui avait entre-temps quitté le groupe unitaire de quelques partis politiques dits « CAP 2015 » contrôlés par l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) de Jean Pierre Fabre. D’autres disent également que « qui dit Agbéyomé Kodjo dit Dr Yves Ekoué Amaïzo » dès lors que l’on parle de CVU Togo Diaspora. Que répondez-vous pour éclairer la lanterne de nos auditeurs ?

YEA : Vous avez commencé par parler de « susurrer »… il s’agit donc purement et simplement de la désinformation diffusée justement par les affidés du pouvoir et vraisemblablement par esprits à la recherche de la ventrologie quotidienne auprès de ceux qui les envoient en mission de désinformation. Je n’ai jamais rencontré et même serré la main de Mr Agbéyomé Kodjo. Ce dernier n’a jamais financé un centime de mes activités, encore moins le mouvement Collectif pour la Vérité des Urnes. Je rappelle d’ailleurs au passage que le CVU-TOGO-DIASPORA a été copié sous la forme d’un CVU Togo dont la durée de vie en matière de publication et de lutte contre le système de Faure Gnassingbé se sont évaporées comme du gaz dans la nature. Vous avez aussi, à juste titre, rappelé la transhumance politique de l’ancien Premier ministre du Togo qui est en fait retourné à la source. Il n’était donc pas étonnant qu’il fasse le même coup à CAP 2015. Enfin, pour ceux qui sont sur les réseaux sociaux et semblent être frappés d’une cécité profonde, le CVU-Togo-Diaspora n’a aucune affinité avec le parti politique dit « OBUTS », ni avec les structures clientélistes financés par les gens du pouvoir qui leur servent d’alibi dans la société civile et dans les réseaux sociaux. Enfin, je ne suis ni un jumeau, encore moins un sosie de l’ex-premier ministre. Mais dans sa tradition de défense des droits institutionnels, le CVU-Togo-Diaspora avait dans le temps attaqué l’abus de pouvoir de Faure Gnassingbé qui avait unilatéralement fermé le parti OBUTS. CVU-togo-diaspora avait agi par la voie de l’influence auprès des élus occidentaux pour le respect du pluralisme politique au Togo. Bref, il faut laisser Radio Trottoir faire le trottoir…

Kanal K. Question 4. Parlons un peu d’actualité avec l’élection à plus de 66 % d’Emmanuel Macron à la tête de la France. Interrogé sur sa politique africaine, Emmanuel Macron déclarait :

« Je pense qu’il est essentiel que la France soit plus à l’écoute de la société civile et de la jeunesse africaines. (…) J’entends les aspirations démocratiques des citoyens d’Afrique. Je défendrai le respect des principes démocratiques fondamentaux partout en Afrique et je soutiendrai l’action de l’Union Africaine, qui a démontré sa capacité d’action sur ce terrain. »Et sur le FCFA plus spécifiquement, qu’avez-vous à nous dire…

YEA. N’est-ce pas du déjà entendu ? De quel atout original dispose le Président élu français pour faire autrement, voire mieux, que ses prédécesseurs ?

Les promesses électorales n’engagent que ceux qui veulent bien y croire. Mais si on regarde la liste des multinationales et responsables politiques qui l’ont financé et soutenu, beaucoup sont en Afrique et soutiennent l’autocratie, la dictature, les abus des droits économiques, sociaux, humains, etc. Alors, il reste à attendre de voir s’il va s’entourer des mêmes inconditionnels d’une politique paternaliste avec l’Afrique qui sont souvent dans des réseaux ésotériques où l’impunité et la richesse non inclusive sont des valeurs partagées. Donc, « wait and see »… Personne ne peut mettre en cause la bonne volonté d’une personne dont le courage politique est fondé sur des approches alternatives au point de démissionner pour imposer sa vision de la France. Alors, si cette vision est au service des puissances d’argent et des ténèbres, il aura tout faux. Mais, si cette vision est traduit au plan opérationnel par une organisation de la valeur ajoutée sans usurpée l’Afrique, le Togo en particulier, alors c’est une nouvelle époque qui s’ouvre. Mais si Le Président élu Emmanuel n’a pas pu changer le Président François Hollande, alors il devra se rendre à l’évidence, qu’il ne pourra pas changer Faure Gnassingbé qui a systématiquement usurpé le pouvoir au Togo et servit les intérêts des multinationales et des autorités politiques étrangères y compris la France. Alors, oui, c’est du « déjà entendu »… mais il faut attendre la mise en œuvre.

Sur le Franc CFA, pour être court, le Président français élu ne pourra pas aller contre les lobbies français, africains et togolais qui soutiennent le maintien du Franc de la communauté financière africaine, dont le nom ancien était le Franc des colonies françaises d’Afrique. Comme il a reconnu que l’esclavage est un crime contre l’humanité, il gagnerait à reconnaître que le Franc CFA est un crime contre les Africains et générateurs de pauvreté, d’humiliation et en fin de compte de esclaves postcoloniaux. Mais la real politik ne pourra changer que si les  dirigeants africains, demandant à leur ministre des finances d’être systématiquement silencieux lors des conseils d’administration de la zone franc, acceptent de créer une autre monnaie basée sur trois monnaies principales des pays avec l’Afrique fait le plus de commerce. Mais il faudra rétablir une discipline monétaire et une bonne gouvernance économique qui fait défaut. La réévaluation à la baisse de l’Afrique subsaharienne de près de 4 % à 1,5 % de croissance pour 2016 n’est qu’une réalité des pratiques de corruption et de refus de création de valeurs ajoutées et d’une distribution de la richesse de manière inclusive.

Kanal K. Question 5. À la question de savoir, Comment Emmanuel Macron appréhende-t-il la suite et le futur du compagnonnage monétaire entre la France et les pays de la zone CFA ?  Aurélien Lechavallier a déclaré que  « Le franc CFA est un gage de stabilité économique pour les pays des deux zones monétaires concernées (Zone du FCFA et la zone du franc comorien) »… « La question de son avenir dépendra avant tout du souhait des pays africains et de leurs dirigeants politiques et économiques, en lien avec les autorités françaises. Nous ne sommes pas opposés à des discussions et à approfondir la réflexion sur cette question importante, dans un esprit de partenariat », a-t-il ajouté. Enfin le porte-parole diplomatique du nouveau président de la France émet qu’il va permettre le progrès de l’Afrique. « Notre souhait est de renforcer la sécurité des investissements et le cadre juridique stable des relations économiques avec l’Afrique pour favoriser la croissance et la prospérité africaines », poursuit-il.

YEA : Là encore, il est préférable d’écouter Dieu que les anges… donc la parole d’un conseiller diplomatique du Président élu Emmanuel Macron n’engage que lui-même. Je note simplement que les notions de création de valeurs ajoutées et de richesses partagées ne sont pas apparues dans les extraits que vous avez sélectionnés. Aussi, que la zone FCFA soit un gage de stabilité est une position toute relative. La meilleure stabilité économique signifie le statu quo pour les populations. Une  économie est et doit rester dynamique. Donc, rien ne s’oppose que ce soit des acteurs nouveaux avec des concepts alternatifs de la gouvernance économique qui président aux destinées économiques du Togo, et plus généralement des pays africains. Aussi, l’approche bipartisan du « ni gauche, ni droite » ou tout simplement la recherche de personnalités de bonnes volontés pour le progrès pourrait aussi s’appliquer à l’Afrique. Sauf que je ne vois pas comment ceux qui parlent peuvent cohabiter avec ceux qui sont des adeptes des abus des droits constitutionnels, avant d’être ceux des droits humains et des droits économiques. Affaire à suivre !!!

Kanal K. Question 6 : La Coordination des Mouvements et Associations de la Diaspora togolaise basée en Suisse a émis un communiqué assez critique envers les évêques du Togo (qui ont eux-mêmes fait un communiqué daté du 6 et du 27 avril 2017). Quelle est votre lecture ?

YEA. Les représentants de l’Église catholique de Rome ont constaté le désarroi des populations togolaises avec un constat de non-respect des promesses de Faure Gnassingbé à mettre en œuvre les recommandations des responsables d’Église. Sur le constat, il n’y a en principe un consensus. C’est sur les moyens d’avancer qu’il y a un problème. Une partie des ecclésiastiques sont à classer comme la Diaspora. Il y a des évêques et hommes et femmes religieux alignés sur le régime de Faure Gnassingbé, d’autres sont indifférents et se prétendent apolitiques et ceux qui sont engagés et indépendants. Les populations togolaises doivent apprendre à faire la distinction s’ils veulent aller au paradis en ascenseur… Sinon, nombreux sont ces mêmes ecclésiastiques – ou une partie alignée- qui ont légitimé le régime des Gnassingbé, et surtout ne se sont pas révoltés contre l’impunité… alors l’indemnisation des victimes qui n’est qu’une opération de charme qui va s’éterniser jusqu’aux prochaines élections au Togo est une opération de communication.

Surtout que les indemnisations ne se font pas ou se font au minimum, soit moins de 10 % ou moins du tout si vous ne rejoignez pas le cercle des affidés, base d’un système de clientélisme du régime militaro-civil de Faure Gnassingbé. Aussi, il faut aller vers la séparation des pouvoirs entre les confessions religieuses toutes confondues et l’État. Aussi, le rôle d’arbitre ou d’opérateurs neutres de l’Église au Togo est à condamner car il s’agit d’une structure qui freine la capacité de développement de la culture de résistance du peuple togolais. Et que personne ne vienne mystifier ce peuple en faisant croire qu’il faut passer par les évêques pour rencontrer Dieu. La recherche de Dieu est un cheminement personnel et chacun est libre de le faire ou pas, et à n’importe quel moment de sa vie. Vaut mieux tôt que tard…

Je vous remercie. YEA.

13 mai 2017.

Dr Yves Ekoué AMAÏZO.

© Coordonnateur général CVU-TOGO-DIASPORA.

Publié par Yves Ekoué Amaïzo sur amaizo.info - Le savoir au service de l'interdépendance

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Questions de Sylvain Amos(SA), Journaliste à Kanal K. Suisse. Interview avec : Dr Yves Ekoué AMAÏZO, Coordonnateur du CVU-TOGO-DIASPORA, Consultant International. E : yeamaizo@cvu-togo-diaspora.org 13 mai 2017 Ecouter l’émission :  ————————————————————... Questions de Sylvain Amos(SA), Journaliste à Kanal K. Suisse. Interview avec : Dr Yves Ekoué AMAÏZO, Coordonnateur du CVU-TOGO-DIASPORA, Consultant International. E : yeamaizo@cvu-togo-diaspora.org 13 mai 2017 Ecouter l’émission :  ———————————————————————– QUESTIONS: Kanal K. Question 1- Samedi dernier, le 6 mai 2017, notre rédaction recevait le Coordonnateur générale de la Diaspora Togolaise Indépendante (DTI) qui a […] amaizo.info 2:00:37 11734